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2007-08-19T23:30:00+02:00

LE FAUCON

Publié par Marilyne COLLET


Mes paupières lourdes s'ouvrent faiblement
J'entrevois une forme à l'horizon
Je lève la tête et soudain j'entends
Le cri empirique du noble faucon

De son vol puissant resplendit la gloire
Liberté d'antan que tu as acquise !
Ton plumage luisant brille comme un ciboire
Majestueusement tu défies la bise.

Esquisses légères, danses fantastiques :
Incarnation d'une liberté mythique...
Tu es mon emblème, tu fuis dans le vent
Rapace que j'aime, oublie donc le temps !



Marilyne COLLET
   
(15 à 19 ans)

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2007-08-19T23:13:00+02:00

LA LEGENDE DU CHEVALIER CUIVRE

Publié par Joséphine FORTIN

Récit écrit au meilleur des souvenirs de Joséphine Fortin pour la soirée des Veillées du bon vieux temps de la Bibliothèque Saint-Sulpice à Montréal du 18 mars 1919.

Le chevalier cuivré est ce poisson légendaire que l'on retrouve seulement dans la région de Montréal. Nos ancêtres l'appelaient la carpe de France mais moi, Joséphine Fortin, je connais cette histoire et je sais que les origines de ce poisson remontent bien avant le régime français. C'est mon grand-père Armand Fortin qui m'a raconté la légende du chevalier cuivré. Il la tenait de son père, Pierre Fortin, le premier député de Gaspé. C'est durant l'un de ses nombreux voyages à titre de haut-responsable des pêcheries du Canada que Pierre Fortin a fait la rencontre d'un vieux pêcheur et ancien patriote qui lui confia avoir parlé pendant plus d'une heure avec ce poisson qui lui avait par surcroît sauvé la vie !

L'histoire se serait passée en octobre 1837. Charles-Eusèbe Nicholas de l'Acadie était parti de Saint-Ours en mission de reconnaissance pour voir le mouvement des troupes anglaises stationnées au Fort Chambly. Il arriva de nuit après deux jours de marche épuisé par le froid et la pluie. C'était un soir de nouvelle lune et le brouillard qui s'échappait du rapide empêchait notre jeune espion de voir quoi que ce soit de la rive de Saint-Mathias. Il décida donc de traverser la rivière en profitant de l'archipel situé au pied du courant pour faciliter son passage et ainsi se rapprocher du fort. La traversée était périlleuse car les pluies torrentielles des derniers jours avaient donné au rapide des allures de crues printanières. Après un certain temps, Charles- Eusèbe s'arrêta tout trempé sur une petite île située au beau milieu du rapide en attendant que le jour se lève.


Le matin venu, le brouillard empêchait toujours de voir ce qui se passait au fort mais Charles-Eusèbe entendait très bien les soldats baragouiner des mots qu'il ne comprenait pas. Soudainement, un vent d'ouest se leva et balaya en quelques secondes le brouillard. Charles- Eusèbe se retrouva à moins de vingt pieds d'un des gardiens du fort. Sans s'en rendre compte, il avait traversé la rivière presque en entier et avait campé sur une petite île située tout près du fort... trop près du fort. Le gardien aperçut Charles-Eusèbe et lui ordonna de s'immobiliser en pointant son arme vers lui. Ne comprenant pas un mot d'anglais, Charles-Eusèbe recula de quelques pieds espérant profiter du brouillard qui se rétablissait lentement. Un coup de feu parti sans semonce. C'est alors qu'un énorme poisson bondit de cinq pieds hors de l'eau pour s'interposer entre le gardien et Charles-Eusèbe. La balle frappa sans pénétrer le poisson dont les écailles ressemblaient davantage aux armures métalliques des chevaliers d'antan. Avant même qu'une autre balle ne soit tirée, Charles-Eusèbe se jeta dans les eaux vives du Richelieu.

Quelques heures plus tard, un dénommé Le Gendre aperçut un homme inerte flottant sur un radeau au milieu de la rivière à la hauteur du village de Saint-Charles. Toutefois, c'est seulement à Saint-Denis que le vieux Poitras réussit à agripper Charles-Eusèbe que le vent avait apparemment amené près de la rive. Le vieux Poitras emporta Charles-Eusèbe dans sa demeure et se jeta sur son cheval blanc pour aller avertir le médecin du village. Arrivé sur les lieux, le docteur Denys était surpris que le jeune homme ne soit pas plus refroidi après un aussi long séjour dans les eaux glaciales. Il lui prescrit immédiatement un bon stimulant, de la bière du pays fortifiée avec de la jamaïque.

Le jeune homme originaire de l'Acadie était bien connu sur cette rive du Richelieu. Il semblait confus, racontant sans cesse à qui voulait bien l'entendre qu'un banc de poissons de cuivre l'avait sauvé de la noyade en le transportant jusqu'ici. Le plus vieux des chevaliers cuivrés possédait encor le langage des hommes et aurait raconté à Charles-Eusèbe durant sa dérive que ses ancêtres étaient arrivés dans la région il y a très longtemps, avant même les Indiens. Ils avaient accompagné Noé durant le déluge et servaient de nourriture aux animaux carnivores. Dieu les avait choisi pour remplir cette mission car il fallait un poisson capable de s'accrocher à l'arche pendant la tempête, ce que pouvait faire le chevalier cuivré avec sa bouche ventrale en forme de suçoir et une vessie composée de trois chambres d'air lui permettant de se maintenir facilement en surface. C'était aussi une espèce très courageuse et de bon goût. Pour récompenser les "chevaliers de l'arche" après le déluge, Dieu leur offrit une majestueuse rivière située au bout du monde, loin des hommes. Il dota les chevaliers cuivrés d'un énorme sourire pour qu'ils puissent manger à volonté les moules d'eau douce qui tapissaient jadis le fond de cette oasis d'eau pure.

Les amis de Charles-Eusèbe riaient de bon coeur à l'écoute du récit. On chuchotait tout bas que le mélange de bière du pays et de jamaïque avait donné beaucoup d'imagination au jeune homme. Mais le vieux Poitras frappa un grand coup avec sa canne qui résonna sur tout le plancher de bois franc de sa cuisine. Avec une voix qu'on n'avait pas entendue depuis plusieurs années, il avoua avoir vu le radeau qui avait transporté Charles-Eusèbe jusqu'à Saint- Denis. Quand je me suis rapproché de la rive, le radeau s'est défait en plusieurs billots qui sont partis dans toutes les directions. J'ai alors agrippé ce jeune homme pour le mettre au chaud le plus rapidement possible. Sur le coup, j'ai cru voir des poissons mais vous savez à mon âge, les yeux... Mais je vous le jure sur la tête de ma vieille que le poisson que décrit le jeune Nicholas de l'Acadie correspond exactement à ce que j'ai vu. C'est un poisson en cuivre, avec une petite tête triangulaire et un dos bossu ! Le jeune Charles-Eusèbe acquiesçait silencieusement d'un lent mouvement de la tête.

Le vieux Poitras était l'un des hommes les plus respectés du village. Son intervention avait eu l'effet de sueurs froides. Ce récit était-il réel ? Seule l'odeur du mélange alcoolisé réussissait à briser le silence et réconforter ceux qui s'étaient massés chez le vieil homme. La plupart des témoins de ce récit sont morts au combat le mois suivant. C'est sans doute pourquoi la légende du chevalier cuivré est peu connue. Charles-Eusèbe Nicholas s'est installé à Nicolet où il est devenu pêcheur au Lac Saint-Pierre. Jamais il n'a revu le poisson qui était venu à sa Rescousse.

Joséphine FORTIN
Source : http://www.rescousse.org/qc/index.html

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2007-08-18T23:00:00+02:00

PRIERE POUR LUI

Publié par Domi

 

 

Dieu ! créez à sa vie un objet plein de charmes,
Une voix qui réponde aux secrets de sa voix !
Donnez-lui du bonheur, Dieu ! donnez-lui des larmes ;
Du bonheur de le voir j'ai pleuré tant de fois !

J'ai pleuré, mais ma voix se tait devant la sienne ;
Mais tout ce qu'il m'apprend, lui seul l'ignorera ;
Il ne dira jamais : "Soyons heureux, sois mienne !"
L'aimera-t-elle assez celle qui l'entendra ?

Celle à qui sa présence ira porter la vie,
Qui sentira son coeur l'atteindre et la chercher ;
Qui ne fuira jamais, bien qu'à jamais suivie,
Et dont l'ombre à la sienne osera s'attacher ?

Ils ne feront qu'un seul, et ces ombres heureuses
Dans les clartés du soir se confondront toujours ;
Ils ne sentiront pas d'entraves douloureuses
Désenchaîner leurs nuits, désenchanter leurs jours !

Qu'il la trouve demain ! Qu'il m'oublie et l'adore !
Demain ; à mon courage il reste peu d'instants.
Pour une autre aujourd'hui je peux prier encore :
Mais... Dieu ! vous savez tout ; vous savez s'il est temps !



Marceline DESBORDES-VALMORE (1786-1859)
(Recueil : Elégies)

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2007-08-16T21:32:00+02:00

HORREUR

Publié par INCONNU

 

 

COMMERCE DE CHAIR HUMAINE 


En 1946, dans Berlin en ruine, une jeune femme rencontre un aveugle errant et tâtonnant qui lui demande de bien vouloir porter une lettre à une adresse.

Charitablement, elle accepte et prend le chemin de l'adresse indiquée, mais en se retournant, elle aperçoit l'aveugle qui s'enfuit en courant, sans aucune hésitation, et qui disparaît au coin de la rue. Trouvant ce comportement suspect, la jeune femme va raconter son histoire à la police.

Peu après, les policiers découvrait à l'adresse indiquée deux hommes et une femme ainsi qu'une grande quantité de viande, ce qui valait de l'or à cette époque. Avec horreur les policiers s'aperçurent qu'il sagissait de chair humaine. Et le texte de la lettre que la jeune fmme devait remettre était le suivant :

"Ceci est la dernière livraison pour aujourd'hui".


PS : pardonnez-moi c'est un peu horrible ... je sais ... mais j'aime bien ce genre de légendes urbaines un peu noires :-)))

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2007-08-13T23:00:00+02:00

IL ETAIT UNE FOIS ...

Publié par INCONNU

 



Il était une fois, une Fourmi heureuse et productive qui tous les jours arrivait de bonne heure à son travail. Elle passait toute sa journée à travailler dans la joie et la bonne humeur, poussant même la chansonnette.
Elle était heureuse de travailler et son rendement était excellent mais, malheur!, elle n'était pas pilotée par un manager ... Le Frelon, PDG de l'entreprise, considérant qu'il n'était pas possible que la situation puisse perdurer, créa un poste de manager pour lequel il recruta une Coccinelle avec beaucoup d'expérience.


La première préoccupation de la Coccinelle fut d'organiser les horaires d'entrée et de sortie de la fourmi. Elle créa également un système de compte-rendu et de fiches navettes. Très vite, il fallut engager une secrétaire pour l'aider à préparer les dossiers et le reporting, si bien qu'elle recruta une Araignée qui mit sur pied un système de classement et qui fut chargée de répondre au téléphone.


Pendant ce temps là, la fourmi heureuse et productive continuait de travailler, travailler, travailler. Le Frelon, PDG de l'entreprise, était ravi de recevoir les rapports de la Coccinelle, si bien qu'il lui demanda des études comparatives avec graphiques, indicateurs et analyse de tendance. Il fallut donc embaucher un Cafard pour assister le manager et il fallut acheter un nouvel ordinateur avec une imprimante. Assez vite, la Fourmi heureuse et productive commença à baisser de rythme et à se plaindre de toute la paperasserie qui lui est dorénavant imposée.


Le Frelon, PDG de l'entreprise, considéra qu'il était temps de prendre des mesures. Il créa donc le poste de chef de service pour superviser la Fourmi heureuse et productive. Le poste fut pourvu par une Cigale qui changea tous le mobilier de son bureau et qui demanda un nouveau fauteuil ergonomique ainsi qu'un nouvel ordinateur avec écran plat. Seulement, avec plusieurs ordinateurs, il fallut aussi installer un serveur réseau. Le nouveau chef de service ressenti rapidement le besoin de recruter un adjoint (qui était son assistant dans son ancienne entreprise) afin de préparer un plan stratégique de pilotage ainsi que le budget de son nouveau service. Pendant ce temps-là, la Fourmi était de moins en moins heureuse et de moins en moins productive.


"Il va nous falloir bientôt commander une étude sur le climat social", dit la Cigale. Mais, un jour, le Frelon, PDG de l'entreprise, en examinant les chiffres, se rendit compte que le service dans lequel la Fourmi heureuse et productive travaille n'était plus aussi rentable qu'avant. Il eut donc recours aux services d'un prestigieux consultant, M. Hibou, afin qu'il face un diagnostic et qu'il apporte des solutions. Le Hibou fit une mission de trois mois dans l'entreprise à l'issue de laquelle il rendit son rapport : "il y a trop de personnel dans ce service". Le Frelon, PDG de l'entreprise, suivit ses recommandations et licencia la Fourmi !  

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