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Articles avec #contes divers catégorie

2017-10-21T21:50:13+02:00

LE BOIS DES CONTES

Publié par Domi Sorcière d'Arcane
LE BOIS DES CONTES

Voici le bois des contes, avec ses loups mangeurs d'hommes, ses sorcières et ses géants, mais où l'on trouve aussi le bon chasseur, les haies de roses de la Belle au Bois dormant, à l'ombre desquelles le temps suspend son vol.

Ernst Jünger

Traite du rebelle (1951), ernst junger (trad. henri plard), édition christian bourgois, 1981, p. 75 -

LE BOIS DES CONTES

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2017-09-16T10:56:48+02:00

LE PROCES D'UNE CHENILLE

Publié par La sorcière d'Arcane
LE PROCES D'UNE CHENILLE
 

Il y a de ceci bien longtemps. Plus de mille ans. On devait être en juin. En plein champ, à trois lieues de la plus proche maison, au pays des insectes et des fleurs. Un après-midi. Il faisait soleil tout le long du ruisseau, car un ruisseau passait par là. Sur les deux rives, des criquets cachés dans le trèfle s'injuriaient à pleine tête, comme des gamins qui se disent des noms.

Pas de travailleurs autour avec leurs chevaux et leurs pelles. Personne. La terre inventait la moisson, toute seule, dans la paix, comme elle le fait toujours en juin. Sur l'eau tiède du ruisseau, deux patineuses se promenaient d'avant et à reculons; leurs ailes faisaient comme des coiffes blanches au soleil. On aurait dit deux religieuses qui marchaient dans la cours du couvent. Il devait être quatre heures de l'après-midi, l'heure des visites ou de la récréation.

Les deux patineuses au milieu du ruisseau, loin des oreilles tendues pour tout savoir, bavardaient chacune leur tour, penchant la tête de côté, sans tourner le visage, comme font les sœurs.

La plus vieille disait à sa compagne :

"- Tu sais ce que j'ai appris en passant chez les bleuets tout à l'heure?

- Non, fit la plus jeune.

- Eh bien, c'est demain que le procès commence!

- Le procès de la chenille? Alors, on y va. Mais qui te l'a dit?

- Un hanneton. Je filais par ici tout à l'heure, reprit l'aînée, et un hanneton m'a crié en passant : Demain matin, après la rosée, le procès commencera. Soyez-y! Rendez-vous au kiosque, cinquième piquet, où se donnent habituellement les concerts d'été. Dites-le à votre famille, tout le canton y sera!"

En effet, le matin-même, on avait surpris sur le petites heures, une chenille verte, saoule de miel, dans la corolle d'un lys blanc. Une araignée, qui tissait juste au-dessous, l'avait aperçue et avait donné l'alerte. Aussitôt, deux abeilles policières, guidées pas les petits fanaux des mouches à feu, étaient accourues pour arrêter la voleuse de miel.

Pauvre voleuse ! On l'avait roulée au cachot, dans une galerie souterraine, chez les fourmis, entre deux haies d'insectes qui hurlaient leur colère au passage. L'araignée était si indignée du scandale, paraît-il, qu'elle offrit gratuitement son fil pour lier la coupable. Elle la lia si bien que la chenille avait disparue sous les câbles, recouverte comme une momie.

Un gros barbeau, le juge de la place, avait fixé le procès au lendemain, après la rosée, dans le kiosque d'un piquet. Plusieurs places étaient déjà retenues. Tout le monde en parlait. Tout à l'heure, les criquets ne s'injuriaient pas, ils discutaient la chose, comme des commères, chacune de leur fenêtre.

À bonne heure, le lendemain, tout un peuple d'insectes attendait sur le terrain : des criquets du voisinage avec des petits manteaux noirs, luisants comme de l'écaille; des faux bourdons en vestes jaunes; plusieurs araignées assises sur leur ventre et qui roulaient nerveusement leur peloton de fil; plus en arrière, des fourmis qui élevaient des petits murs de sable, où elle grimperaient tout à l'heure pour mieux voir; et des cigales qui plaçaient tout ces gens en faisant beaucoup de bruit avec leur sifflet.

Enfin, le barbeau-juge entra, solennel. La salle se leva en silence. Suivi de plusieurs barbeaux plus jeunes, le juge s'installa sur une feuille d'érable qu'on avait étendue au milieu. La Cour était ouverte. Les deux abeilles policières, sur un signal, amenèrent l'inculpée sur leurs épaules et brutalement la culbutèrent sur le tapis. Elle roula inerte, sans se plaindre. Il y eut un frisson dans l'auditoire. On dût sortir deux jeunes éphémères qui avaient perdu connaissance.

Alors, l'avocat des fleurs, une guêpe savante, débita avec chaleur l'acte d'accusation, toute la marche du drame : comment la chenille s'était faufilée dans le lys, son entrée avec effraction dans la chambre à miel, sa saoulade et sa souffrance, l'agonie, puis la mort du beau lys blanc. Voilà qui était bien dit. L'avocat fut interrompu plusieurs fois par des applaudissements, des réflexions et même des huées.

Le barbeau-juge demanda le silence parfait pendant que le jury réfléchissait. Il réfléchit, et par la bouche du plus vieux, une puce qui se grattait toujours, déclara ceci : "Nous avons trouvé la chenille coupable!".  De toutes les loges d'insectes sortit un grand brouhaha. Quelques-uns étaient pour, d'autres contre.

Enfin, le juge se leva et dit : "-La chenille est coupable. Mais devant des opinions si partagées, nous ne pouvons la condamner à mort.

Plusieurs crièrent : "L'exil ! L'exil !". Ce qui fut décidé. Aussitôt, quatre hannetons cassèrent des brins de foin, les plièrent pour faire un radeau, qu'ils traînèrent jusqu'au ruisseau. La foule entière se rua à leur suite. Les maringouins, les mouches, les pucerons, tous, pèle-mêle, étaient sur la grève. Les guêpes applaudissaient. Les abeilles avaient toute les misères du monde à retenir les bourdons qui voulaient assommer la chenille cachée dans son cocon.

Les criquets faisaient de la cabale, essayaient de soulever les discussions, et plusieurs fourmis retournèrent à l'ouvrage, la tête basse, trop émues pour assister à l'embarquement. Les grandes libellules aux fragiles ailes étaient déjà parties en vitesse pour annoncer la nouvelle dans leur marécage.

 

 

 

De force, la prisonnière fut déposée au milieu du radeau. Beaucoup la croyait morte, parce qu'elle était immobile. La méchante araignée s'avança et, avec beaucoup d'orgueil et de malice, ligota son ennemie au plancher du radeau. Enfin, trois insectes patineurs, sur l'ordre du juge, sautèrent sur l'eau et à grands coups de patins, poussèrent le petit navire jusqu'au courant. Et le petite navire descendit doucement vers l'exil, ballotté par les vagues qui faisaient des petites glissoires.  Les deux rives étaient noires d'insectes. Un grand nombre pleurait, d'autres se réjouissaient.

Soudain ! Ah... non. C'est difficile à dire, et incroyable, la chose que l'on vit. "Regardez, regardez !" Cria de toute sa force un maringouin. Et dans la stupéfaction et presque la terreur, on vit une chose extraordinaire : le cocon s'agiter follement, se percer, se fendre, s'ouvrir, et deux grandes ailes jaunes se déplier au soleil, s'étirer, apparaître tachetées de points noirs; des ailes cendrées de poudre d'or avec des dessins dessus, des ailes magiques, brillantes, qui battaient l'air, laissant le radeau continuer seul, passer triomphantes, majestueuses, dans l'avant-midi, au-dessus du peuple consterné qui baisait le rivage.

Le premier papillon était né. Et son premier vol se continuait par-delà les fraises, rouges d'épouvante.

Cette histoire est finie. La leçon fut grande chez les insectes qui avaient jugé la chenille trop sévèrement parce qu'elle était laide et sans défense. Même, on sût plus tard que l'araignée qui avait bâti son cocon s'était tuée..

Si on accuse le papillon d'être volage, c'est qu'il ne croit en personne. Il connaît la fragilité et l'inconstance des amitiés.

 

 

 

 

 

Tiré du livre Adagio

Félix Leclerc (1914-1988) a fait figure de proue au Québec en tant que chansonnier. Il a exercé les rôles d'auteur, de compositeur, d'interprète, d'animateur, de comédien et d'écrivain. Après plusieurs années en France, il revint au Québec où il écrivit des recueils de poésie, de chansons, de fables et de contes. Ses recueils de contes, Adagio, Le Hamac dans les voiles, L'Avare et le violon magique, prouvent son grand talent d'écrivain. Je vous suggère ce très beau conte poétique: le procès d'une chenille (ci-dessus raconté)
 

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2017-03-26T21:50:08+02:00

LES TROIS PORTES DE LA SAGESSE

Publié par Domi Sorcière d'Arcane
LES TROIS PORTES DE LA SAGESSE
 

Un Roi avait pour fils unique un jeune Prince courageux, habile et intelligent. Pour parfaire son apprentissage de la Vie, il l'envoya auprès d'un Vieux Sage.

- Éclaire-moi sur le Sentier de la Vie, demanda le Prince.
- Mes paroles s'évanouiront comme les traces de tes pas dans le sable, répondit le Sage. Cependant je veux bien te donner quelques indications. Sur ta route, tu trouveras 3 portes. Lis les préceptes indiqués sur chacune d'entre elles. Un besoin irrésistible te poussera à les suivre. Ne cherche pas à t'en détourner, car tu serais condamné à revivre sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne puis t'en dire plus. Tu dois éprouver tout cela dans ton coeur et dans ta chair. Va, maintenant. Suis cette route, droit devant toi.

Le Vieux Sage disparut et le Prince s'engagea sur le Chemin de la Vie.

Il se trouva bientôt face à une grande porte sur laquelle on pouvait lire:

"CHANGE LE MONDE"

- C'était bien là mon intention, pensa le Prince, car si certaines choses me plaisent dans ce monde, d'autres ne me conviennent pas.

Et il entama son premier combat. Son idéal, sa fougue et sa vigueur le poussèrent à se confronter au monde, à entreprendre, à conquérir, à modeler la réalité selon son désir. Il y trouva le plaisir et l'ivresse du conquérant, mais pas l'apaisement du coeur. Il réussit à changer certaines choses mais beaucoup d'autres lui résistèrent. Bien des années passèrent.

Un jour il rencontra le Vieux Sage qui lui demande :

- Qu'as-tu appris sur le chemin ?
- J'ai appris, répondit le Prince, à discerner ce qui est en mon pouvoir et ce qui m'échappe, ce qui dépend de moi et ce qui n'en dépend pas.
- C'est bien, dit le Vieil Homme. Utilise tes forces pour agir sur ce qui est en ton pouvoir. Oublie ce qui échappe à ton emprise.

Et il disparut.

Peu après, le Prince se trouva face à une seconde porte. On pouvait y lire:

"CHANGE LES AUTRES"

- C'était bien là mon intention, pensa-t-il. Les autres sont source de plaisir, de joie et de satisfaction mais aussi de douleur, d'amertume et de frustration.

Et il s'insurgea contre tout ce qui pouvait le déranger ou lui déplaire chez ses semblables. Il chercha à infléchir leur caractère et à extirper leurs défauts. Ce fut là son deuxième combat. Bien des années passèrent.

Un jour, alors qu'il méditait sur l'utilité de ses tentatives de changer les autres, il croisa le Vieux Sage qui lui demanda :

- Qu'as-tu appris sur le chemin ?
- J'ai appris, répondit le Prince, que les autres ne sont pas la cause ou la source de mes joies et de mes peines, de mes satisfactions et de mes déboires. Ils n'en sont que le révélateur ou l'occasion. C'est en moi que prennent racine toutes ces choses.
- Tu as raison, dit le Sage. Par ce qu'ils réveillent en toi, les autres te révèlent à toi-même. Soit reconnaissant envers ceux qui font vibrer en toi joie et plaisir. Mais sois-le aussi envers ceux qui font naître en toi souffrance ou frustration, car à travers eux la Vie t'enseigne ce qui te reste à apprendre et le chemin que tu dois encore parcourir.

Et le Vieil Homme disparut.

Peu après, le Prince arriva devant une porte où figuraient ces mots:

"CHANGE-TOI TOI-MÊME"

- Si je suis moi-même la cause de mes problèmes, c'est bien ce qui me reste à faire, se dit-il.

Et il entama son 3ème combat. Il chercha à infléchir son caractère, à combattre ses imperfections, à supprimer ses défauts, à changer tout ce qui ne lui plaisait pas en lui, tout ce qui ne correspondait pas à son idéal.

Après bien des années de ce combat où il connut quelques succès mais aussi des échecs et des résistances, le Prince rencontra le Sage qui lui demanda :

- Qu'as-tu appris sur le chemin ?
- J'ai appris, répondit le Prince, qu'il y a en nous des choses qu'on peut améliorer, d'autres qui nous résistent et qu'on n'arrive pas à briser.
- C'est bien," dit le Sage.
- Oui, poursuivit le Prince, mais je commence à être las de me battre contre tout, contre tous, contre moi-même. Cela ne finira-t-il jamais ? Quand trouverai-je le repos ? J'ai envie de cesser le combat, de renoncer, de tout abandonner, de lâcher prise.
- C'est justement ton prochain apprentissage, dit le Vieux Sage. Mais avant d'aller plus loin, retourne-toi et contemple le chemin parcouru.

Et il disparut.

Regardant en arrière, le Prince vit dans le lointain la 3ème porte et s'aperçut qu'elle portait sur sa face arrière une inscription qui disait:

"ACCEPTE-TOI TOI-MEME"

Le Prince s'étonna de ne point avoir vu cette inscription lorsqu'il avait franchi la porte la première fois, dans l'autre sens.
- Quand on combat on devient aveugle, se dit-il.
Il vit aussi, gisant sur le sol, éparpillé autour de lui, tout ce qu'il avait rejeté et combattu en lui : ses défauts, ses ombres, ses peurs, ses limites, tous ses vieux démons. Il apprit alors à les reconnaître, à les accepter, à les aimer. Il apprit à s'aimer lui-même sans plus se comparer, se juger, se blâmer.
Il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda :
- Qu'as-tu appris sur le chemin ?
- J'ai appris, répondit le Prince, que détester ou refuser une partie de moi, c'est me condamner à ne jamais être en accord avec moi-même. J'ai appris à m'accepter moi-même, totalement, inconditionnellement. - C'est bien, dit le Vieil Homme, c'est la première Sagesse. Maintenant tu peux repasser la 3ème porte.

A peine arrivé de l'autre côté, le Prince aperçut au loin la face arrière de la seconde porte et y lut:

"ACCEPTE LES AUTRES"

Tout autour de lui il reconnut les personnes qu'il avait côtoyées dans sa vie ; celles qu'il avait aimées comme celles qu'il avait détestées. Celles qu'il avait soutenues et celles qu'il avait combattues. Mais à sa grande surprise, il était maintenant incapable de voir leurs imperfections, leurs défauts, ce qui autrefois l'avait tellement gêné et contre quoi il s'était battu.

Il rencontra à nouveau le Vieux Sage.
- Qu'as-tu appris sur le chemin ? demanda ce dernier.
- J'ai appris, répondit le Prince, qu'en étant en accord avec moi-même, je n'avais plus rien à reprocher aux autres, plus rien à craindre d'eux. J'ai appris à accepter et à aimer les autres totalement, inconditionnellement.
- C'est bien, dit le Vieux Sage. C'est la seconde Sagesse. Tu peux franchir à nouveau la deuxième porte.

Arrivé de l'autre côté, le Prince aperçut la face arrière de la première porte et y lut:

"ACCEPTE LE MONDE"

- Curieux, se dit-il, que je n'aie pas vu cette inscription la première fois. Il regarda autour de lui et reconnut ce monde qu'il avait cherché à conquérir, à transformer, à changer. Il fut frappé par l'éclat et la beauté de toute chose. Par leur perfection. C'était pourtant le même monde qu'autrefois. Etait-ce le monde qui avait changé ou son regard ?

Il croisa le Vieux Sage qui lui demanda.
- Qu'as-tu appris sur le chemin ?
- J'ai appris, dit le Prince, que le monde est le miroir de mon âme. Que mon âme ne voit pas le monde, elle se voit dans le monde. Quand elle est enjouée, le monde lui semble gai. Quand elle est accablée, le monde lui semble triste. Le monde, lui, n'est ni triste ni gai. Il est là ; il existe ; c'est tout. Ce n'était pas le monde qui me troublait, mais l'idée que je m'en faisais. J'ai appris à accepter sans le juger, totalement, inconditionnellement.
- C'est la 3ème Sagesse, dit le Vieil Homme. Te voilà à présent en accord avec toi-même, avec les autres et avec le Monde.

Un profond sentiment de paix, de sérénité, de plénitude envahit le Prince. Le Silence l'habita. - Tu es prêt, maintenant, à franchir le dernier Seuil, dit le Vieux Sage, celui du passage du silence de la plénitude à la Plénitude du Silence.

Et le Vieil Homme disparut.

 

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2014-12-16T17:41:08+01:00

LES MAINS ET LE COEUR

Publié par Domi Sorcière d'Arcane
LES MAINS ET LE COEUR


« Une fois que l’on a atteint le centre de son être, ôté tout ce qui est faux, on atteint le cœur de sa capacité d’aimer. Nous pouvons maintenant nous présenter sur le marché avec des mains secourables.

Ce sont des mains ouvertes, réellement capables de donner et recevoir l’amour.
Ce ne sont pas des mains qui saisissent, s’accrochent, déforment ou possèdent mais des mains souples, flexibles et porteuses de nourriture.
Ces mains et ce cœur sont nécessaires pour vivre une vie d’amour. »

Kabîr

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2014-11-02T19:13:50+01:00

LA ROSE BLEUE

Publié par Domi Sorcière d'Arcane

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2014-10-18T10:04:33+02:00

LE BOUDDHA ENSEIGNAIT PARTOUT Où IL PASSAIT

Publié par Domi Sorcière d'Arcane
LE BOUDDHA ENSEIGNAIT PARTOUT Où IL PASSAIT

Or, un jour qu’il parlait sur la place du village, un homme vint l’écouter parmi la foule. L’auditeur se mit bientôt à bouillir d’envie et de rage. La sainteté du Bouddha l’exaspérait. N’y pouvant plus tenir, il hurla des insultes. Le Bouddha demeura impassible. L’homme fulminant quitta sa place.

Comme il avançait le long des rizières à larges enjambées, sa colère s’apaisait. Déjà le temple de son village grandissait au-dessus des rizières. En lui monta la conscience que sa colère était née de la jalousie et qu’il avait insulté un sage. Il se sentit si mal à l’aise qu’il rebroussa chemin, décidé à présenter des excuses au Bouddha.

Lorsqu’il arriva sur la place où l’enseignement continuait, la foule se poussa pour laisser passer l’homme qui avait insulté le maître. Les gens incrédules, le regardaient revenir. Les regards se croisaient, les coudes étaient poussés pour attirer l’attention des voisins, un murmure suivit ses pas.

Lorsqu’il fut suffisamment près, il se prosterna, suppliant le Bouddha de lui pardonner la violence de ses propos et l’indécence de sa pensée. Le Bouddha, plein de compassion, vint le relever.
– Je n’ai rien à vous pardonner, je n’ai reçu ni violence ni indécence.
– J’ai pourtant proféré des injures et des grossièretés graves.
– Que faites-vous si quelqu’un vous tend un objet dont vous n’avez pas l’usage ou que vous ne souhaitez pas saisir ?
– Je ne tends pas la main, je ne le prends pas bien sûr.
– Que fait le donateur ?
– Ma foi, que peut-il faire ? Il garde son objet.
– C’est sans doute pourquoi vous semblez souffrir des injures et des grossièretés que vous avez proférées. Quand à moi, rassurez-vous, je n’ai pas été accablé. Cette violence que vous donniez, il n’y avait personne pour la prendre.

Extrait de Contes des sages de l’Inde

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2014-09-21T08:24:27+02:00

LE TEMPS CHANGE L'AMITIE RESTE

Publié par Domi Sorcière d'Arcane
LE TEMPS CHANGE L'AMITIE RESTE

Il était une fois deux très bons amis qui vivaient à l’ombre d’un immense rocher. Aussi étrange que cela puisse paraître, un était un lion et l’autre un tigre. Ils s’étaient rencontrés quand ils étaient encore très jeunes et ne connaissaient pas la différence entre les lions et les tigres. C’est pourquoi ils ne pensaient pas que leur amitié était quelque chose d’inhabituelle. L’endroit où ils vivaient était paisible, sûrement sous l’influence d’un gentil moine de forêt qui vivait tout près. C’était un ermite, une personne qui vit loin des autres gens.

Un jour, pour une raison stupide, les deux amis se disputèrent. Le tigre expliquait : « Tout le monde sait que le froid est causé par la lune qui passe de la pleine lune à la nouvelle lune ! » Le lion répondait : « Mais où as-tu entendu une stupidité pareille ? Tout le monde sait que le froid est causé par la lune qui passe de la nouvelle lune à la pleine lune ! »

La dispute devenait de plus en plus agitée. Personne n’arrivait à convaincre l’autre. Ils n’arrivaient pas à se mettre d’accord. Ils commençaient même à s’appeler par tous les noms possibles ! Ils décidèrent alors d’aller voir le sage moine car il pouvait sûrement leurs donner une solution à leur dispute.

Rendant alors visite au paisible ermite, le lion et le tigre le saluèrent respectueusement et lui posèrent leur fameuse question. Le gentil moine réfléchit un moment et donna sa réponse : « Il peut faire froid à n’importe quelle phase de la lune, que ce soit de la pleine lune à la nouvelle lune ou inversement. C’est en fait le vent qui amène le froid quand il souffle du nord, de l’est ou de l’ouest. C’est pourquoi vous avez tous les deux raison ! Et aucun des deux n’a gagné ni n’a perdu. La chose la plus importante est de vivre sans dispute, de rester unis. L’unité est la meilleure des choses.

Moralité : Le temps change mais l’amitié reste.

 

Par Fondation bouddhiste Vihara LEMANIQUE

LE TEMPS CHANGE L'AMITIE RESTE

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2014-03-17T21:12:00+01:00

L'OREILLE DU LOUP GRIS

Publié par J.DARWICHE

 

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(J. Darwiche et H. Musa. ED : Lirabelle)

Un jour, le lion, roi des animaux, tomba malade. Son vizir, le dernier Loup gris d’une peuplade disparue, annonça la nouvelle à tous les animaux :
Ceux de la plaine, ceux de la montagne, ceux de la forêt.
Tous défilèrent dans la caverne du lion pendant trois jour pour prendre des nouvelles de sa santé et lui souhaiter un bon rétablissement.
Tous, sauf le renard !
Le loup gris, qui était toujours assis à la droite du roi, et qui n’aimait pas le renard, fit remarquer au lion : " Tous vos sujets sont passés s’incliner devant vous et vous souhaiter proche guérison et longue vie, excepté le renard. On dirait que votre santé ne l’intéresse pas. "
Le lion en fut irrité. Il fronça les sourcils et montra les dents, ce qui était signe de mécontentement et annonçait une décision grave.
Le lièvre qui avait tout vu et entendu, courus chez son ami le renard :
" Ami, fais attention à toi ! Le loup gris a fait remarquer ton absence et le lion est furieux contre toi. "
Le renard remercia le lièvre, traîna encore un jour, attrapa un poulet et se présenta le lendemain, en fin de journée, devant le lion.
Les moustaches du lion tremblèrent de colère devant l’insolence du renard :
" Voilà 4 jours que je suis au lit. Tous les animaux sont venus s’enquérir de mes nouvelles, sauf toi ! ? Ma santé ne t’intéresse-t-elle point ? Vas-tu prétendre que tu n’étais pas au courant de ma maladie ? "
" Ni l’un, ni l’autre, majesté. J’ai appris la nouvelle de votre maladie en même temps que les autres ; mais je me suis demandé s’il valait mieux venir tout de suite m’incliner devant vous ou courir chercher un remède. La sagesse et mon inquiétude pour votre santé m’ont poussé à courir le royaume pour demander aux médecins leur avis. "
" Et alors ? "
" Eh bien, tous les grands médecins sont d’accord sur le même remède. "
" Pourrai-je savoir lequel ? "
" Bien sûr ! Pour guérir, vous devez manger une soupe de poulet à laquelle il faut ajouter l’oreille droite d’un loup gris. Et je crois que notre grand vizir sera heureux de vous offrir la sienne. "
Le lion jeta un coup d’œil interrogatif vers le loup gris qui ne put qu’accepter de sacrifier son oreille.
Le lion mangea la soupe et s’endormit d’un profond sommeil.
Le renard se leva pour partir. Mais avant de quitter la caverne, il s’approcha de l’oreille gauche du loup et lui dit :
" Si tu veux sauver l’oreille qui te reste, surveille ta langue et ne dis plus du mal des autres! " 

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2014-03-02T18:59:00+01:00

COMMENT LE CIEL EST DEVENU GRAND

Publié par CONTE APACHE

 

Il était si bas qu'il n'y avait pas de place pour les nuages. Il était si bas que les arbres ne pouvaient pas pousser. Il était si bas que les oiseaux ne pouvaient pas voler. S’ils essayaient, ils se heurtaient aux arbres et aux nuages. Mais ce qui était plus pénible encore, c’était que les hommes adultes ne pouvaient pas se tenir debout, bien droits comme leur corps le leur demandait. Ils devaient marcher tout penchés, en regardant leurs pieds et ne voyaient pas où ils allaient. Les enfants ne connaissaient pas ce problème. Ils étaient petits, Ils pouvaient se lever aussi droits qu’ils le souhaitaient. Ils ne marchaient pas en regardant leurs pieds et pouvaient voir où ils allaient. Ils savaient par contre qu’un jour, ils deviendraient des adultes et qu'ils devraient marcher tout penchés en regardant leurs pieds à moins que quelque chose ne se passe.

 

Un soir, tous les enfants se réunirent et décidèrent de relever le ciel. Les quelques adultes qui les écoutaient riaient sous cape mais soudain, ils virent les enfants lever de longs poteaux vers le ciel. Un, deux, trois, quatre… un cri énorme retentit - unnn-uhhhhhh. Mais rien ne se passa. Le ciel resta comme il avait toujours été. Les arbres ne pouvaient toujours pas grandir. Les oiseaux ne pouvaient toujours pas voler. Il n’y avait toujours pas de place pour les nuages et les adultes marchaient toujours courbés en regardant leurs pieds sans voir où ils allaient. Le lendemain, les enfants recommencèrent avec des poteaux plus longs. Un, deux, trois, quatre… un cri énorme retentit - unnn-uhhhhhh. Mais rien ne se passa. Le soir suivant, les enfants - qui sont persévérants - essayèrent encore. Ils prirent des poteaux encore plus longs. Un, deux, trois, quatre… un cri énorme retentit - unnn-uhhhhhh. Mais rien ne se passa. Le quatrième soir, ils trouvèrent de très très très longs poteaux, les plus longs qu'ils pouvaient trouver, et ils se mirent à compter : un, deux, trois, quatre… un cri énorme a retentit - unnn-uhhhhhh et le ciel se souleva !

Depuis ce jour, le ciel est à sa place. Les arbres peuvent pousser, les oiseaux peuvent voler sans se heurter aux troncs et aux branches. Les nuages ont de la place pour aller et venir et les hommes peuvent se tenir droit en regardant le ciel. Mais le plus extraordinaire c’est que lorsque le soleil se coucha la nuit suivante et qu’il commença à faire sombre, le ciel troué par les poteaux des enfants se mit à scintiller. Dans chaque trou, il y avait une étoile.

La prochaine fois que vous regarderez le ciel, vous saurez que c’est grâce aux enfants que vous pouvez admirer un tel spectacle. Vous repenserez à cette histoire, et vous saurez que c'était vrai.

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2012-10-31T06:25:00+01:00

LE SYMBOLE DE LA CITROUILLE & HISTOIRE DE JACK LA LANTERNE

Publié par SOURCE INERNET




Grand et dégingandé, Jack était un fermier irlandais très paresseux mais d'une grande vivacité d'esprit. Buveur incorrigible, il était bien connu des pubs et auberges de son petit village. Une nuit d'Halloween, il déambulait dans les rues, ivre mort, pourtant il n'aurait certainement pas refusé une dernière petite bouteille afin de se désaltérer le gosier. Malheureusement, le pauvre Jack n'avait plus un sou en poche et savait pertinemment qu'aucun tavernier du village ne lui accordait le moindre crédit depuis longtemps.
 
Aussi, lorsqu'à la croisée de petites ruelles désertes il aperçut un élégant jeune homme, il l'interpella pour lui demander l'aumône. Le msytérieux inconnu se transforma aussitôt en pièce de monnaie et roula à terre. Jack se dépêcha de ramasser la pièce puis tituba, le coeur joyeux, jusqu'à la première auberge. Comme il était ivre, il ne se rendit pas compte qu'il venait de conclure un pacte avec le diable.

Quelques années plus tard, Satan vint le chercher pour l'emmener en Enfer, en guise de remboursement. L'ivrogne réussit à berner le diable en le faisant grimper dans un arbre. Ne pouvant redescendre, le diable demanda de l'aide à Jack. Celui-ci accepta, à condition de ne jamais être emporté dans les flammes de l'Enfer. Satan fut contraint d'accepter, ce dernier finit même par lui promettre qu'il ne l'emporterait jamais dans le braiser infernal.

N'ayant pas mérité le paradis en raison de sa mauvaise conduite, Jack, à sa mort, fut condamné à revenir sur terre chaque Halloween. Pour s'éclairer dans son errance, il creusa un gros navet et y plaça une bougie à l'intérieur. Depuis, il cherche en vain un endroit où il pourrait dormir en paix...

Certaines années, on peut le rencontrer, éclairant les chemins ténébreux grâce à la grande et lourde citrouille qu'il porte péniblement sur le dos! Il est le célèbre revenant d'Halloween, Jack O'Lantern.




Source : "Halloween, sorcières, lutins, fantômes et autres croquemitaines", texte de P. Jézéquel et B. Morant, illustrations de J-B Monge et E. Ferronnière.

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