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RECOLTE ESTIVALE DE FLEURS

Publié le par PIERRETTE NARDO

La saison d'été est un excellent moment pour faire des provisions !

conserves de fleurs sauvages

Les conserves

De votre jardin... ou de celui des voisins, vous pourrez récolter les fleurs de : basilic (fleurs, mais oui !) bourrache, camomille, capucine, coquelicot, chrysanthème comestible, hysope, géranium odorant (fleurs et feuilles), jasmin, lavande, mauve, monarde, oeillets, pois de senteur, roses, sauge sclarée, sureau, soucis, tilleul, tagètes ...

Dans les champs, loin des routes et des cultures agricoles (traitées)vous récolterez : achillée, agastache, coquelicot, fenouil, marguerites, origan, sureau...dont vous ferez sécher les pétales ou petites fleurs pour réaliser des recettes fleuries au cours de l'hiver .

Avec coquelicots, lavande, oeillets, roses, jasmin... c'est le moment de concocter des sirops parfumés et colorés naturellement dont vous vous servirez tout au long de l'année pour aromatiser yaourts, fromage blanc, glaces, riz au lait et tous les desserts vous passant par la tête ! Avec les mêmes fleurs, vous pouvez aussi faire quelques gelées et confitures qui changeront de la classique abricot .

Avec achillée, sureau, basilic, fenouil... et autres, vous pouvez parfumer vos huiles et vinaigres pour des salades pleines des parfums de l'été : ces huiles et vinaigres se conservent plusieurs mois. Faites aussi quelques provisions de sucres et sels parfumés de vos fleurs préférées.

Pensez aussi à cristallier avec sucre et gomme arabique quelques petites fleurs entières telles les pensées ou des pétales (roses) que vous conserverez, dans des bocaux au sec, pour de somptueux décors de gâteaux en toutes saisons.

Enfin, si vous avez un peu de place au congélateur, faites une provision de glaçons fleuris qui égayeront les coktails de décembre ... ou des autres mois sans fleurs.

L'été est décidément une merveilleuse saison gourmande !

vinaigre d'achillée

Achillée (Achillea millefolium)

Ses fleurs au parfum musqué peuvent être ajoutées aux salades de fruits, et, cristallisées au sucre, accompagner vos desserts.

Ses feuilles, servent en petite quantité dans les salades, en tant que condiment, leur goût étant un peu piquant et prononcé.

Vinaigre d'achilée

Point de balance pour ce type de recette, transmise de mères en filles depuis des siècles !

Prévoir des bocaux fermant hermétiquement (type bocal à stériliser) et les ébouillanter. Remplir, sans tasser de fleurs d'achillée et de quelques feuilles. Couvrir de vinaigre : le vinaigre de cidre a ma préférence, car il est naturellement bon pour la santé et au goût, pas trop acide ni trop coloré, fermez votre ou vos bocaux.

Et puis, oubliez au soleil pendant 3 semaines, en agitant deux ou trois fois.

Filtrer, mettre en bouteille et conserver au frais ( mais pas au réfrigérateur ) et à l'ombre : un placard à conserves quoi !

Ce vinaigre parfumé vous servira pour vos salades et sauces.

Capucine (Tropaleum majus - Tropaleum minus)

Les feuilles, au goût de cresson prononcé sont utilisées ciselées dans les salades, ainsi que ses fleurs, elles peuvent êtres également cuites dans sauces, soupes, farces...

La fleur de capucine est à la fois sucrée et poivrée, il est possible de la cristalliser au sucre pour de gais décors de pâtisseries.

conserves de capucines
Boutons au vinaigre

Saupoudrer de sel fin des boutons et laisser dégorger une bonne heure, puis enlever le sel. Mettre dans des petits pots et arroser de vinaigre de cidre bouillant jusqu'a recouvrir, attendre au moins 8 jours avant de consommer .

Ces boutons de capucine, confits au vinaigre sont un condiment ensoleillé de toutes les saisons !

 

                                                                                                                                Coquelicot (Papaver rhaeas L.)

Les pétales crus seront cristallisés au sucre et gomme arabique pour de délicieux et lumineux bonbons et décors de desserts .

Vous pouvez, tout comme les jeunes feuilles ajouter ces pétales vermillons aux salades, sucrées ou salées.

kir de coquelicot

Sirop de coquelicot

400 g de pétales de coquelicot récoltés très loin des bordures de champs cultivés (et traités.) et des routes polluées, un demi-litre d'eau, sucre brut de canne non raffiné (on en trouve facilement en grande surface).

Amenez l'eau à ébullition, et progressivement y introduire la masse des pétales de coquelicots, qui fondent comme de la neige au soleil au contact de l'eau bouillante. Tournez pour que tous les pétales soient bien au contact de l'eau.

Arrêtez le gaz, couvrir et laissez infuser 10 mn .

Filtrez en pressant bien les pétales pour recueillir le maximum de jus et de goût.

Pesez le liquide obtenu et ajoutez le même poids de sucre.

Remettre à chauffer doucement, puis aux premiers bouillons, mettre dans des petites bouteilles en verre préalablement ébouillantées et fermez aussitôt (stérilisation à chaud).

Ce délicieux sirop vous servira tout au long de l'année pour aromatiser pâtisseries, fromages blanc ou yaourts, réaliser des kirs ou cocktails. Ou colorer, naturellement une crème ou riz au lait !

Pierrette NARDO.

http://www.gerbeaud.com/jardin/cuisine_fleurs/recolte_estivale.php3

Publié dans ARTICLES DIVERS

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L'AMOUR

Publié le par Dominique CURCIO

 

L'amour est aveugle et croit que personne ne le voit.
[ Proverbe danois (1892) - Vicomte de Celleville et Fritz de Zepelin ]

Publié dans PROVERBE DU JOUR

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AB SURDITE

Publié le par CHANTAL MORCRETTE



Si je dévie le sens
Des mots marins
Et vide d’un trait sec l’encre des céphalopodes
C’est que l’eau glacée
Entre la quille et l’océan
S’écoule hors de ma voix

Si je te dis
Que les compas se redressent comme des épaves
Ne laissant croire la mer qu’à genoux
C’est que l’opéra des sirènes
N’a d’attrait que leurs songes
Et l’écaille
Luisante de l’eau
Sur ma peau
Laissée

Et si encore
Je ramène vers le front
Une mèche de soleil
De la métamorphose d’un phare
Echouée là
C’est que
Tout commence par un songe
Et tout finit par un carré d’argile
Sur le gravier du monde

Que toute fin
Laisse un flot syncopal
De lettres inexactes
De cartes
Et d’épines
De perles
Sur le rebord des lèvres

Que navires se couchent
Que leurs proues redescendent
De derrière une vague
De galets
Par les boussoles du vent
Séchés

Et que
Sourds
Les nœuds écartelés
A + b de l’horizon
Vers la terre me déportent



Publié dans COUP DE COEUR

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HELEN KELLER

Publié le par Dominique CURCIO


Pas facile d'être à la fois femme, universitaire, sourde, muette et aveugle dans les États Unis du début du 20e siècle...

Vie et oeuvre d'un être définitivement hors du commun, auteur(e) de best- sellers, héroïne américaine dont l'enfance a été portée à l'écran par Arthur Penn en 1962 dans le célèbre film oscarisé "The Miracle Worker" ("Miracle en Alabama")...

Helen Keller est née en 1880 dans une petite ville rurale d'Alabama. Fille du capitaine Arthur Keller, militaire en retraite éditeur de journaux, et de sa femme Kate, Helen fut victime, vers l'âge de 19 mois, d'une maladie infantile diagnostiquée à l'époque comme "fièvre cérébrale" (plus probablement une scarlatine) qui la laissa sourde, muette et aveugle. Helen décrira plus tard cette période comme un "no world" (non- monde), un univers noir et silencieux dénué de toute communication humaine. On pensa que la maladie l'avait rendue idiote.

Image : Helen Keller et Annie Sullivan sur le perron de la maison de Graham Bell vers 1884

Les Keller n'en perdirent pas pour autant espoir de voir la condition de leur fille s'améliorer et prirent contact avec le docteur Alexander Graham Bell, inventeur célèbre mais surtout professeur pour sourds- muets, qui les orienta vers la Perkins Institution for the Blind de Boston, Massachusetts. Le responsable de cette institution mit alors à leur disposition celle qui devait bouleverser définitivement la vie de leur fille : Anne Mansfield Sullivan.

L'arrivée d'Annie Sullivan chez les Keller, le 3 mars 1887 ("le jour le plus important dont je puisse ne souvenir", selon Helen) marqua le début d'un processus "miraculeux" qui devait conduire la jeune fille d'un état quasi- sauvage au diplôme "cum Laude" (avec les félicitations du jury) du prestigieux Collège Radcliffe quelque 17 ans plus tard...

Après beaucoup d'essais infructueux, Annie, tout en versant de l'eau froide dans la main de son élève, épela sur la paume de cette dernière le code alphabétique "water" (eau). Helen comprit enfin que ce code nommait la chose froide qui coulait entre ses doigts : le "no world" venait de voler en éclats. Le soir même, Helen avait déjà appris 30 mots. A la suite de cette "renaissance", Helen se révéla si douée qu'elle posséda rapidement l'alphabet manuel et put bientôt apprendre à écrire. 6 mois plus tard, elle connaissait plus de 600 mots. A l'âge de 10 ans, elle maîtrisait le Braille et savait même se servir d'une machine à écrire. Elle exprima alors son désir d'apprendre à parler. La suite appartient à l'histoire des États Unis.

Image : Helen Keller et Annie Sullivan vers 1904

Au cours des 50 années qui suivirent, Helen Keller se consacra au "service de l'humanité", luttant pour les droits des femmes, des ouvriers, des minorités et devint une sorte d'ambassadrice mondiale des faibles et des opprimés (et à ce titre suspecte fichée par le FBI). Encore étudiante, elle avait commencé une carrière d'écrivain qui dura toute sa vie. Son ouvrage le plus célèbre, "The Story of My Life," ("L'histoire de ma vie", disponible en France sous le titre "Sourde, Muette et Aveugle" aux éditions Payot) a été traduit en plus de 50 langues mais on lui doit également un dizaine d'autres ouvrages ainsi que de nombreux articles pour la presse. Organisation Non Gouvernementale avant l'heure à elle toute seule, elle reçut de nombreuses distinctions internationales, parmi lesquelles la Légion d'Honneur en 1952 à l'occasion des commémorations du centenaire de Louis Braille....

La célébrité ne lui fit jamais oublier ses frères et soeurs sourds et aveugles : l'American Foundation for the Blind (Fondation Américaine pour les Aveugles) fut établie avec son aide dès 1921 et elle oeuvra à son fonctionnement, mais aussi à celui d'autres fondations dans le monde, jusqu'à sa mort.

La dernière apparition publique d'Helen Keller date de 1961 à Washington DC lorsqu'elle reçut le Lions Humanitarian Award. A cette occasion, alors qu'elle sortait d'une entrevue avec le Président JF Kennedy à la Maison Blanche, elle déclara ne pas se souvenir du nombre de Présidents qu'elle avait rencontrés au cours de sa carrière... Elle mourut le 1er juin 1968, peu de temps avant son 88e anniversaire.

Sujet, en France et ailleurs, de nombreuses plaisanteries d'un goût plus ou moins douteux, Helen Keller continue toujours d'inspirer l'action d'oeuvres humanitaires parmi lesquelles on peut citer notamment le
Helen Keller Center for Deaf- Blind Youths and Adults et l'ONG Helen Keller International...


Image : Helen Keller et Annie Sullivan vers 1920

Publié dans ARTICLES DIVERS

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PAUSE

Publié le par Dominique CURCIO

Je n'aurai pas le temps de vous poster  des articles avant lundi ... alors je préfère me mettre en pause durant le week-end !

Une pensée pour la fête des papas qui a lieu dimanche et de gros bisous pour ceux qui passeront sur mon blog. Vous pouvez toujours relire les articles que vous n'avez pas eus l'occasion de lire. Merci de votre fidélité !!!!

 "Un père n'est jamais expert : quand on est père, c'est pour la vie "

Vincent ROCA

Mon papa rapluie
Qui me fait un abri
Quand j'ai peur de la nuit
Mon papa ratonnerre
Je ne sais pas quoi faire
Quand il est en colère
Mon papa rasol
Avec qui je m'envole
Quand il rigole
Mon papa tout court
Que je fête en ce jour
Avec tout mon amour

PIERRE RUAUD

http://loufoquerie.free.fr/

Publié dans ARTICLES DIVERS

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POESIE

Publié le par ReCUEIL : LES TROPHEES

 



La magicienne

En tous lieux, même au pied des autels que j'embrasse,
Je la vois qui m'appelle et m'ouvre ses bras blancs.
Ô père vénérable, ô mère dont les flancs
M'ont porté, suis-je né d'une exécrable race ?

L'Eumolpide vengeur n'a point dans Samothrace
Secoué vers le seuil les longs manteaux sanglants,
Et, malgré moi, je fuis, le coeur las, les pieds lents ;
J'entends les chiens sacrés qui hurlent sur ma trace.

Partout je sens, j'aspire, à moi-même odieux,
Les noirs enchantements et les sinistres charmes
Dont m'enveloppe encor la colère des Dieux ;

Car les grands Dieux ont fait d'irrésistibles armes
De sa bouche enivrante et de ses sombres yeux,
Pour armer contre moi ses baisers et ses larmes.

José-Maria de HEREDIA

(1842 - 1905)

Publié dans COUP DE COEUR

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PEINES DE COEUR

Publié le par Dominique CURCIO

delight1.jpg (6970 octets)

 

Chagrin d'amour

                                     ...par Nathalie Boisclair

 

 Un chagrin d'amour
c'est de réapprendre à voir, à sourire, à aimer
c'est lui dire simplement bonjour
quand tu aurais envie de l'embrasser
c'est quelqu'un qui regarde par la fenêtre
et qui attend celui qui ne viendra pas
c'est quelqu'un qui espère en entendant quelques pas.

 

Un chagrin d'amour
c'est le dernier rendez-vous qui t'a semblé si merveilleux
c'est des étoiles qui reflétaient dans ses yeux
c'est un beau clair de lune que tu ne voudrais pas voir
c'est vouloir mais ne jamais pouvoir.

 

Un chagrin d'amour
c'est se bâtir un monde à cause d'un sourire
c'est ce qui fait que l'on ne vit qu'avec ses souvenirs
c'est rencontrer ses amis et leur dire que tout va bien
c'est sourire malgré toi de ses manies que tu connais si bien.

 

Un chagrin d'amour
c'est vouloir l'oublier d'un regard amoureux
c'est se sentir coupable de le voir malheureux
c'est de pleurer en écoutant la chanson qu'il fredonnait
c'est l'aimer malgré tout le mal qu'il t'a fait.

 

Un chagrin d'amour
c'est de ne plus être capable de regarder des amoureux
c'est de rire avec les larmes aux yeux
c'est l'indifférence qui s'installe en toi
c'est se surprendre à l'attendre comme autrefois.

 

Un chagrin d'amour
c'est le regarder sans pouvoir le toucher
c'est rêver la nuit sans jamais exister
c'est un roman qu'on a déjà lu
c'est un soleil qui ne réchauffera plus.

 

Un chagrin d'amour
c'est quand tu t'aperçois qu'une autre
a pris ta place dans son coeur
c'est une église vide où en silence tu pleures
c'est une question en sachant toujours la réponse
c'est combattre même si parfois tu renonces.

 

Un chagrin d'amour
c'est éviter ses yeux de peur d'y lire l'oublie
c'est de comprendre que cette fois-ci tout est fini
c'est faire semblant de croire que la vie continue
c'est chercher l'amour où il n'y en a plus.

 

 

 

 

 

delight1.jpg (6970 octets)


Publié dans COUP DE COEUR

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HISTOIRE A CONTER

Publié le par Dominique CURCIO

DERRIERE LA PORTE

Par Erwan Le Goffic

Conseil de lecture (à un auditoire) :


Lorsque vous lirez ce texte à quelqu'un ou un groupe, faites en sorte que les portes soient fermés, et ayez un complice qui se tiendra en dehors de la pièce derrière l'une d'elle : A la fin de la lecture, ce dernier n'aura qu'à frapper violement contre la porte, ce qui ne manquera sûrement pas de terrifier votre auditoire !


Laissez-moi vous conter ce soir funèbre où ma vie a basculé, ce soir où j’ai bien cru que j’allais mourir, ce soir où j’ai perdu la raison : c’était un soir de printemps, j’avais alors 14 ans.

A cette époque, ma grand-mère maternelle n’allait pas bien du tout. Elle était à l’hôpital depuis déjà deux ou trois semaines, j’étais allé la voir quelques fois avec mes parents, mais elle ne me paraissait pas vraiment bien aller, et je ne pouvais m’empêcher de me dire qu’elle ne rentrerait plus chez elle. Et puis aussi ce jour-là il avait fait beau, et je me sentais bien, ainsi, lorsque mes parents m’ont proposé d’aller la voir, avec eux, en cette fin d’après-midi, j’ai refusé. Mon père a alors suggéré d’aller au restaurant pour se détendre après la visite à l’hôpital, l’idée tentait ma mère, mais moi je voulais rester à la maison. Alors sans attendre je leur ai dit que je pouvais bien passer la soirée tout seul. Ils m’ont alors proposé d’inviter des copains si je le voulais, et je ne me suis pas fait prier pour accepter ! C’est ainsi que je me suis retrouvé ce soir-là avec Arnaud et David : deux amis avec qui je passais la majeure partie de mon temps depuis le début du collège.

Nous nous trouvions dans ma chambre à écouter de la musique. Sans explications, Arnaud baissa le volume. David et moi le regardions, intrigués, puis finalement d’un air amusé il nous demanda :

- Dites, ça ne vous dirait pas qu’on se raconte quelques histoires qui font peur, hein ? Ca pourrait être sympa, non ?

J’hésitais quelques peu, surpris par cette proposition. Finalement David accepta, et je le suivis. Alors Arnaud tout en coupant la musique, nous demanda :

- Alors ! qui commence ?

Tout d’abord, aucun de nous ne répondit. Moi j’avais bien une idée d’histoire, mais je n’osais pas trop la raconter... Et mon dieu ! J’aurais vraiment bien fait de me taire ce soir-là, mais je ne l’ai pas fait : En effet, timidement je finis par répondre :

- Heu… moi… à la limite... j’en ai bien une.

- Ah ?

- Ouais mais heu… je sais pas si elle va bien rendre… je…

- Bah allez, te fait pas prier, vas-y !

Et je l’ai fait, malheureusement, je l’ai fait : Je me suis assis en tailleur sur le lit, et pendant que d’un air grave je fixais alternativement Arnaud et David, ils se sont assis autour de moi, au bord du matelas. J’ai laissé passer quelques secondes afin de rendre l’atmosphère encore un peu plus lourde, puis j’ai entamé mon récit :

« C’est une histoire assez terrible dont j’ai entendu parler une fois. Cela se passait il y a quelques années : Un père de famille rentrait chez lui après le travail, il trouva sa maison en train de brûler. Il habitait à la campagne, et il n’y avait pas de voisins pour alerter les pompiers. Il pensa tout de suite à son fils de sept ans qui était peut-être dans la maison, il se précipita alors à l’intérieur, cria pour l’appeler, et… il eut une réponse ! Son fils était bloqué dans sa chambre, le père couru jusqu’à la porte, essaya de l’ouvrir, mais elle restait bloquée : Dans la chambre, une poutre tombée du plafond l’empêchait de s’ouvrir. Il cogna, et cogna encore de toutes ses forces contre la porte, il se ruait contre elle, son fils hurlait, il appelait à l’aide, et lui, il paniquait : la porte ne s’ouvrait pas. Il se rua encore contre elle, il hurlait de rage, pleurait de désespoir, il ne réfléchissait plus, il n’y avait plus que cette porte, et son fils qui hurlait de l’autre côté. Il a appelé à l’aide jusqu’à la fin : Son fils à brûlé dans la maison, et le père aussi. Il n’a jamais réussi à ouvrir la porte, et il est resté à se ruer contre elle jusqu’à sa mort. »

Arnaud me regarda l’air dégoûté, et me dit :

- Ben dit donc, c’est glauque !

- C’est pas joyeux en effet, répondit David avant que je ne réagisse. Il avait aussi l’air assez choqué par l’histoire.

C’est alors que, emporté par ce succès, j’ai raconté la suite. J’ai été stupide, elle me faisait aussi peur qu’à eux cette histoire, surtout la suite… et j’ai vraiment été idiot d’avoir continué, je n’aurais jamais dû, jamais.

« Oui, mais vous ne connaissez pas la suite... Parce que depuis lors, le fantôme du père cherche toujours à ouvrir la porte et à sauver son fils. Et si tu dis… heu… je ne préfère pas le dire vraiment... Mais en gros si tu appeles à l’aide en criant « papa », que tu dis que tout brûle, et que tu lui demandes de venir te chercher, cela attire le fantôme, et il arrive derrière ta porte pour te prendre »

David, pensif, me regarda l’air intrigué, et calmement me dit :

- Purée ça fout les boules, c’est sûr... Mais bon toi, tu as déjà essayé de l’appeler ?

- Non... ça me fait assez peur comme ça ! Je n’ai pas envie d’aller vérifier. »

Arnaud, une lueur d’excitation dans le regard, observa David, puis moi, et finalement nous demanda :

- Hé ! ça vous dirait d’essayer ?

Je me crispai, comprenant que je n’avais pas du tout envie d’essayer une chose pareille, je regrettai déjà d’en avoir parlé. Mais David, lui, semblait y réfléchir, et au bout de quelques secondes il finit par lever la tête et dire « ouais ! Pourquoi pas ! ».

J’allais leur dire que je ne souhaitais pas du tout faire une telle chose, mais Arnaud n’attendit pas que je manifeste mon opinion : Sans me porter le moindre regard, il commença à parler d’une voix aiguë et chevrotante, cherchant à imiter celle d’un petit garçon :

 

 

 

 

- Papa ! ppaaappppaa, à l’aaaaiiiiiide, tooouuut brrrûûûûle autour de moi, j’ai peeeeeuuurrr !

Il souriait, mais moi pas du tout : j’étais vraiment terrifié. Mais lui il souriait, et David le regardait avec amusement, sans rien dire. Et il reprit encore de plus belle, sa voix était maintenant plus forte, il criait presque :

- JJEEEEEE BRRRRRUUUUUUULLLE, PPPPAAAAPPPPPAAAAAA, JEEEE BRRRUUUULLLLEEE, AAAAAAAAHHHHHHHH !

- ARRETE MAINTENANT ARNAUD ! C’EST PAS DROLE.

C’était sorti comme ça, je le fusillais du regard, je me sentais énervé, mais j’étais surtout terrorisé, j’avais vraiment peur, et je ne voulais pas en entendre plus.

- Ben... quoi ? T’as peur ? Oh, allez c’est pas grand-chose, non ? C’est une histoire ! c’est tout ! Allez...

Et toujours ce stupide sourire aux lèvres il reprit :

- PAAAAAPPAAAAAA JEEEE T’EEEEENNN SSSUUUUPPPPLLLLLIIEEE, PAPAAAAAA, IL Y A LE FFEEEUU PAAARRRRTTT...

- TU ! ... ARRETES ! ... MAINTENANT ! ... COMPRIS ? »

Là il s’était tu, il n’y avait plus un bruit dans la chambre, Arnaud me regardait, l’air étonné, sûrement qu’il avait été surpris par l’agressivité et la colère que je venais de déployer pour lui crier de s’arrêter : J’en étais d’ailleurs essoufflé, et je le fixais du regard le plus réprobateur et colérique que je pouvais.

On ne parlait plus, Arnaud et moi restions là, immobiles, à se fixer mutuellement. Finalement, David, tout timidement, finit par dire :

- Bon, allez les gars, on ne va pas se disputer pour ça, hein les...

« BOUM ! ... BOUM ! ... BOUM ! ... »

Nous avons sursauté tous les trois, une décharge d’adrénaline m’a envahi. Je me suis braqué ainsi que mes deux amis vers la source du bruit : vers la porte de ma chambre. Le bruit continuait, impassible et terrifiant :

« ... BOUM ! ... BOUM ! ... BOUM ! ... »

- C’est quoi ce boucan ! s’écria Arnaud dont la voix couvrait à peine le bruit de coups de plus en plus fort qui provenait de la porte.

- Si c’est une blague, c’est vraiment pas drôle, rétorqua David qui se tenait maintenant debout, plaqué contre le mur opposé à la porte. Il semblait mort de peur, il fallait dire que moi aussi je l’étais.

Et puis là, en prime des coups contre la porte, ont commencé les cris, ces horribles cris qui malheureusement resteront je crois bien à jamais gravés dans ma mémoire. Je peux les entendre encore aujourd’hui alors que je vous parle : Cela ressemblait à un monstrueux mélange entre le brame d’un cerf et le cri d’un éléphant, même si cette description ne me semble pas si proche de la réalité, je ne trouve pas trop de comparatifs pour l’exprimer. Ce cri était en tout cas inhumain, aigu et profond, d’une tristesse infinie et d’une agressivité sans nom... Et les coups contre la porte, et ce cri horrible, continuaient, sans relâche… sans

la moindre trêve. J’étais terrorisé, je m’étais rabattu vers les oreillers du lit, et je les serrais d’ailleurs très fort. Arnaud lui, plus valeureux, même s’il n’avait pas l’air très fier, avait saisi ma chaise de bureau, et la brandissait, prêt à frapper ce qui pourrait entrer dans la chambre.

Mais ce fut David qui paniqua le plus, les cris immondes avaient dû finir de ronger les dernières subsistances du courage qui l’empêchait de s’écrouler : Il était maintenant assis contre le mur, recroquevillé sur lui-même, son visage était tout rouge, il pleurait, il gémissait, mais entre ses larmes il finit par parler un peu :

- ooohhhhh noooonnn, c’est quoi ce truc, j’ai peeeuuur, à l’aide, à l’aaaiiiide.

Immédiatement, comme pour répondre aux geignements de David, le cri se fit encore plus fort, encore plus déchirant, encore plus terrifiant. Cette fois-ci les coups redoublèrent contre la porte, elle était parcourue de soubresaut, mais bizarrement ou plutôt monstrueusement, elle restait fermée, et ne se brisait pas.

Puis la panique finit d’envahir David, il se leva, ouvrit la fenêtre, et tout en pleurant nous dit :

- J’veux pas rester là moi, j’préfère tenter ma chance par dehors.

- Non, fais pas...

Mais j’eus à peine le temps de réagir, qu’il était déjà en train de se laisser glisser par l’encadrement de la fenêtre. Et le temps de me lever du lit pour aller le retenir, je l’entendais déjà glisser sur les ardoises du toit… puis, je ne l’entendis plus. Son silence m’a semblé durer très longtemps, et ce fut son cri, déchirant, qui me renvoya à la réalité :

« AAAAAHHHH, J’AI MMAAAAALLL ! JE SUIS TTTTOOOOMMMBBEEEEE ! MMMOOONNNN DDDDOOOOSSSS, AAAAAHHHH J’AI MMAAAAAALLLL ! »

Et là l’horreur fut totale : A travers l’encadrement de la fenêtre, je regardais David, qui hurlait, gisant sur la terrasse du jardin, en bas. Et les cris émis par ce qui était derrière la porte devinrent complètement fous et assourdissants. Les coups portés devenaient plus fréquents, à un rythme monstrueux, insoutenable : Je devenais fou, tout cela était un cauchemar implacable, terrifiant, et les cris de David qui agonisait en bas ne faisaient qu’ajouter à l’horreur de la situation. Surtout que ni Arnaud ni moi ne pouvions sortir de la chambre pour lui venir en aide.

Et l’odeur ! Je ne m’en étais pas rendu compte au début, mais maintenant l’air de la chambre en devenait suffocant tellement la puanteur était atroce. Une odeur de viande pourrie, mêlée à celle de cochon brûlé : et mon dieu c’était insoutenable, abominable. Je me suis détourné de la fenêtre : je vis Arnaud qui restait immobile, debout, sa chaise dans les mains, les yeux écarquillés, il avait l’air ailleurs. Je me demandais comment il faisait pour rester en plein milieu de la pièce, alors qu’elle baignait dans cette puanteur. C’est alors que sans bouger plus que la main, il finit par lâcher sa chaise, puis un soubresaut le parcouru, il se courba en deux, et vomis abondement sur la moquette. La vision que j’avais devant moi d’Arnaud vomissant, le son que cela produisit, ainsi que l’odeur qui se mêlait à celle immonde de viande pourrie et brûlée, en était trop pour moi aussi, et je vomis à mon tour.

Je me sentais fatigué, je m’appuyai dos au mur, David continuait d’hurler au dehors, et les coups sur la porte n’arrêtaient plus, ils avaient encore redoublé.

J’eus alors l’idée que les cris de David au dehors pouvaient stimuler la source de tout cela, et sans réfléchir d’avantage, je me retournai vers la fenêtre et la refermai avec empressement. J’eus du mal à expliquer à Arnaud pourquoi j’avais fermé la fenêtre, pourquoi on allait pas aider David. Mais il fallait arrêter de faire du bruit, des geignements, des plaintes qui pouvaient attirer ce qu’il y avait derrière la porte. Il fallait attendre qu’il s’en aille, avant de descendre au rez-de-chaussée appeler quelqu’un au téléphone pour venir en aide à David. Arnaud finit par comprendre, et nous nous sommes calmement assis, terrifiés malgré tout par cette ambiance cataclysmique de coups ininterrompus contre la porte, par ce cri immonde qui nous perçait les tympans, et par cette odeur insoutenable qui se mélangeait maintenant à l’odeur de nos vomissures.

Et nous avons attendu que tout cela s’arrête, nous étions assis en tailleur, à même le sol, sans bouger, pales et terrifiés. Progressivement les cris se sont calmés, l’odeur s’est atténuée, et les coups contre la porte ont baissé en fréquence et en intensité… jusqu’à ce que le silence revienne enfin, et que nous pouvions de nouveau entendre, étouffés à travers la fenêtre fermée, les cris de douleur de David qui gisait toujours au dehors.

Arnaud me regarda alors, et à voix basse me demanda :

- A ton avis maintenant, qu’est ce qu’on fait ?

Je réfléchis un peu avant de répondre, puis dit :

- Il faudrait téléphoner aux pompiers, ou je sais pas… à une ambulance ! Pour venir en aide à David.

- Il est où le téleph...

- Le téléphone est en bas.

- Tu penses que c’est parti ?

- Ben… on ne l’entend plus...

- C’est vrai...

- Va falloir descendre… en bas... Heu… j’ai pas trop envie… de… de… sortir. Je…

- Bon, je vais y aller... De toute façon, il est plus là, hein ?

- Heu… t’es sûr ?

- Mais oui.

Arnaud se leva alors lentement. D’un pas hésitant, il s’avança jusqu’à la porte. Saisis doucement la poignée, et poussa légèrement la porte qui s’entrebâilla sur le couloir. L’air amusé il se retourna vers moi, et dit à haute voix:

- C’est dingue, la porte était ouverte, il est con ce fan...

Mais il n’eut pas le temps de finir sa phrase que comme un éclair, une main surgit de l’encadrement de la porte entrebâillée, se rallongea d’une manière monstrueuse et vint agripper Arnaud à la taille : Celui-ci restait pétrifié, sans même crier, les yeux écarquillés. A première vue, la main, et le bras m’avaient semblé de couleur noire, mais à cause des petites brillances, de ces sortes d’écailles que je discernais dessus, j’eus l’horreur de deviner que toute la peau de ce « bras » qui s’enroulait maintenant autour de la taille d’Arnaud était entièrement brûlée. D’ailleurs l’odeur de porc brûlé et de viande pourrie revint m’assaillir les narines.

 

 

 

 

Je n’eus que le temps de me lever avant de voir Arnaud disparaître sous mes yeux, emporté dans le couloir à une vitesse impossible, puis la porte se referma dans un claquement assourdissant. Je courus jusqu’à la porte, mais je ne voulus pas y toucher, je ne voulais pas l’ouvrir. Je criai alors le nom d’Arnaud, j’ai bien dû rester là pendant une éternité à crier son nom, mais rien, aucune réponse.

Et je n’avais pas osé ouvrir la porte : j’avais peur que cela soit encore derrière. Toujours comme aujourd’hui d’ailleurs : En effet, même maintenant j’ai encore la peur d’ouvrir une porte, mes parents m’ont amené chez le psychiatre après ce soir-là, mais je ne lui ai jamais rien dit, ni à personne d’ailleurs, pas même à mes parents. De toute façon, ils ne me croiraient pas.

Personne ne revit jamais Arnaud, on m’a demandé si je l’avais vu ce soir-là, mais j’ai dit que non, et David en fit de même... : Lui, il passa un mois à l’hôpital, il s’était cassé le coccyx en tombant du toit... Et aussi bien lui que moi sommes maintenant toujours terrifiés quand nous nous retrouvons face à une porte fermée : Nous avons toujours peur qu’un jour cela vienne nous chercher à notre tour, nous n’osons plus ouvrir la moindre porte de peur qu’il soit de l’autre côté. Oui, nous avons et aurons maintenant toujours peur de ce qu’il peut y avoir... y avoir derrière la porte.

Publié dans CONTES DIVERS

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PARESSE

Publié le par will CUPPY

La forme même des pyramides d'Égypte montre que déjà les ouvriers avaient tendance à en faire de moins en moins."

Publié dans PROVERBE DU JOUR

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LA COCCINELLE ET SON POETE

Publié le par Dominique CURCIO

coccinelle

La Coccinelle

Elle me dit : Quelque chose
Me tourmente. Et j'aperçus
Son cou de neige, et, dessus,
Un petit insecte rose

J'aurais dû - mais, sage ou fou,
A seize ans on est farouche,
Voir le baiser sur sa bouche

Plus que l'insecte à son cou.

On eu dit un coquillage ;

Dos rose et taché de noir.
Les fauvettes pour nous voir
Se penchaient dans le feuillage.

Sa bouche franche était là :
Je me courbai sur la belle,
Et je pris la Coccinelle ;
Mais le baiser s'envola.

- Fils, apprends comme on me nomme,
Dit l'insecte du ciel bleu,
Les bêtes sont au bon Dieu,
Mais la bêtise est à l'homme.

Victor HUGO (1802-1885)
"Les Contemplations"

 

 

Publié dans COUP DE COEUR

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