L'ENSORCELLEMENT DU MONDE
Nous devons certainement renoncer à la métaphore de la coupure, du fossé entre l’homme et l’animal qui nous oblige à choisir entre celui qui parle et celui qui ne parle pas, celui qui a une âme et celui qui n’en possède pas, celui que l’on peut baptiser et celui que l’on peut cuisiner. A cette métaphore tragique qui a permis l’esclavage et l’extermination de peuples entiers a succédé l’avatar de la hiérarchie, où l’homme au sommet de l’échelle du vivant se permet de détruire, de manger ou d’exclure de la planète les autres terriens, animaux et humains, dont la présence l’indispose.
CYRULNIK Boris