JOURNEE MERVEILLEUSE

LES TOURNESOLS
Sur le drap bleu du ciel, les têtes flamboyantes
Piquent des soleils fous, en vagues ondoynantes,
Brûlures de l'été, lumières tournoyantes,
Dans une immense mer d'ors cuivrés sulfureux.
L'immuable ballet, qui se contorsionne,
Eclabousse de joie une lande où moutonne
L'arabesque éternelle érigeant la couronne
De jaunes infinis sur des coeurs ténébreux.
Leurs feuilles sont des mains pour implorer la brise
Quand le large horizon de nuages se frise,
Tremblant qu'on les sépare, implacable traîtrise,
De leur source de vie à l'influx vigoureux.
Dans l'iris du grand Peintre, une fleur torturée
Gémit tragiquement, pauvre et désespérée,
Faute d'intense amour, de tendresse frustrée,
Vibrant miroir d'une âme au destin douloureux.
Fuyant d'un monde ingrat, rudesse et turpitude,
Hors du temps, j'irai seul, dans cette plénitude
De silence absolu berçant la quiétude,
Voir encor ruisseler des soleils généreux.
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