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Articles avec #contes arcane name catégorie

2016-12-21T11:31:47+01:00

L'ARBRE DES SECRETS

Publié par Dominigue garbin

 

 
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Depuis sa plus tendre enfance, Marine vit dans une station de ski en Haute-montagne. Gérante d’une petite boutique de souvenirs, elle était toujours à la recherche de pièces insolites.

Un matin, un petit monsieur singulier entra dans sa boutique avec un objet caché sous un foulard en soie. Marine déroutée par cet étrange personnage lui lança :
- Bonjour Monsieur !
- Bonjour Madame répond le petit homme
- Est-ce que je peux vous aider ?
- Peut-être dit-il
- Vous recherchez un cadeau spécial ?
- Non, je viens vous en offrir un …
Marine curieuse lui répondit :
- Alors montrez-moi cette merveille.
Le petit homme découvrit lentement l’objet qu’il cachait sous le foulard en soie. Alors elle vit l’inimaginable, un petit arbre bleu planté dans un petit jardin minuscule et fantastique. Marine ne parvint pas à détacher ses yeux de cet arbre qui lui procura soudainement une vague de chaleur et de bonheur intense qu’elle n’avait plus ressentie depuis bien longtemps.
- Vous en voulez combien de cet arbre lui demanda-t-elle naïvement ?
- Ma chère, ce petit arbre n’a pas de prix, par contre, il peut vous apporter le bonheur que vous recherchez depuis longtemps.
- Le bonheur dit-elle, aucune chance qu’il frappe  à ma porte …
- Je vous laisse l’arbre du secret, je viendrai le récupérer après les fêtes de Noël
- Pourquoi me feriez-vous un tel cadeau ?
- Ce n’est pas un cadeau, l’arbre vous a choisi, il s’est illuminé quand je suis passé devant la vitrine de votre boutique.
- L’arbre choisit son propriétaire ? dit Marine en riant franchement.
- Il choisit les personnes qu’il pense pouvoir aider. L’homme fit mine de recouvrir l’arbre et de repartir. Mais si vous n’en voulez pas, je continue mon chemin…
-  Ne vous fâchez pas Monsieur, je vais le garder jusqu’aux fêtes de Noël, c’est très gentil à vous de me le prêter, il illuminera ma boutique.
 
L’homme enleva le foulard en soie et posa l’arbre sur la banque de la boutique où, tout le monde pourrait le voir en entrant. Il salua Marine et rajouta avant de sortir :
- « Que l’esprit de Noël vous accompagne ».
Marine reprit ses activités et ne s’occupa plus de l’arbre du secret.
 
Un soir, alors qu’elle fermait sa boutique après une longue et dure journée, un jeune homme entra dans sa boutique ; il avait le regard triste et paraissait très affligé. Marine s’approcha de lui et engagea la conversation :
 - Dure journée ? 
- En effet, ces derniers jours ont été très difficiles, ma fille est hospitalisée depuis une semaine, elle est dans le coma à cause d’un chauffard qui l’a renversée devant son école ; je lui cherche un cadeau pour Noël sachant qu’elle ne se réveillera peut-être plus.
 
Marine ressentit un trouble étrange, des souvenirs revinrent à sa mémoire, elle eut un flash : une voiture dérapait sur une route déserte et finissait dans un ravin. Soudain, elle sentit une main sur son bras et sursauta :
- Vous allez bien ? lui demanda le jeune homme soucieux
- Tout va bien merci, sûrement un peu de fatigue après la dure journée que je viens de vivre, je n’ai même pas pris le temps de manger
- Et moi, qui vous ennuie avec mes soucis.
- Ne soyez pas désolé, je suis là aussi pour vous écouter.
Et c’est là, que se produisit un phénomène étrange, l’arbre du secret s’illumina et éclaira toute la boutique, le jeune homme ressentit une vague de bien-être l’envahir et son portable sonna. Déstabilisé, il prit son téléphone pour répondre, un beau sourire apparut sur ses lèvres, il dit à Marine :
- Ma fille s’est réveillée, je vous laisse, je dois la retrouver à l’hôpital, je repasserai pour son cadeau de noël.
L’arbre bleu s’éteignit au moment ou l’homme franchit la porte du magasin. Par contre, Marine secouée par sa vision, commençait à penser qu’elle avait eu tort de prendre ce petit arbre bleu. Depuis que le petit homme l’avait placé sur sa banque, elle n’arrêtait pas de repenser à sa mère qui était morte deux ans auparavant dans un accident de voiture en venant la voir pour les fêtes de Noël. Depuis ce grave accident, la magie de Noël n’existait plus pour elle. 
 
Les jours qui suivirent l’arbre ne se manifesta plus, mais à l’approche de Noël Marine eut la visite d’un étrange visiteur. Elle comptait la recette de la journée comme elle le faisait toujours à la fermeture de sa boutique et c’est là qu’elle entendit un bruit bizarre ; elle redressa la tête, et vit que l’arbre était bleu et illuminait toute la pièce. Elle chercha affolée le foulard de soie pour le remettre dessus… mais elle ne le trouva pas et c’est là que la petite voix se manifesta à nouveau… «Hé Ho c’est moi, regarde sous l’arbre ! ». Marine terrifiée, pensa qu’elle devenait folle. Un petit lutin se trouvait au bas du petit arbre et il faisait de grands gestes pour attirer son attention. Il lui dit :
- Prend-moi dans ta main, j’ai quelque chose à te dire 
- Pourquoi te ferai-je confiance ?
- Parce que je suis ton ami et je ne veux que ton bonheur ! 
Marine s’exécuta et prit le petit lutin dans sa main.
- Qu’est-ce que tu veux ?
- Je suis l’esprit de Noël et je suis venu exhausser un de tes vœux les plus chers.
- Pourquoi tu exhausserais un de mes vœux ?
- Parce qu’il est important que l’esprit de Noël se perpétue hors, depuis quelques années maintenant, de moins en moins de personnes croient à l’esprit de Noël et comme il est lié à la neige, il risque de ne plus jamais neiger à Noël, ce qui entraînera la mort également du Père Noël qui ne pourra plus emmener les cadeaux aux enfants car sans la neige pas de traineau plus de rennes et plus de traditions.
- Et bien franchement, tu veux connaître mon opinion, je m’en balance complètement, l’esprit de Noël m’a pris ma mère, donc je n’ai aucune objection à ce qu’il disparaisse.
 
Elle n’avait pas fini sa phrase que le petit lutin tomba raide dans sa main et devint tout blanc. Marine inquiète le secoua d’un doigt délicatement pour essayer de le ranimer, mais rien ne se passa. Elle commença à regretter ses paroles et lui dit gentiment : « - sois sympa petit lutin, revient à toi, je ne pensais pas vraiment ce que je t’ai dit, à l’avenir  je te promets de respecter l’esprit de Noël».
 
L’arbre bleu s’illumina à nouveau et la neige commença à tomber sur le village de montagne. Tout le monde se précipita dans les rues pour jouer avec cette neige si généreuse. Le visage de Marine devint radieux. Elle contempla à nouveau sa main, le petit lutin avait disparu et l’arbre bleu aussi. Marine savait qu’un miracle venait de se produire. Elle s’activa pour rentrer chez elle. Elle habitait le petit chalet que ses parents lui avaient laissé. Et en levant la tête sur la cheminée du chalet, elle vit de la fumée en sortir et la lumière du salon éclairée.
 
Les gens du village disent qu’elle revit cette nuit-là l’esprit de sa mère et que sa vie en fut complètement transformée grâce à cet esprit de Noël, car depuis cette soirée magique, elle va de villages en villages pour parler de l’esprit de Noël et à chacun de ses passages une neige épaisse et généreuse se met à tomber.
 
Garbin Dominique
24 Décembre 2007
 
  
 
 
Tous les textes présentés dans le cadre du Monde de Domi, restent la propriété de l’auteur © Toute utilisation commerciale ou production même partielle sans autorisation fera l'objet de poursuites. 

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2014-10-30T18:28:46+01:00

CROYEZ-VOUS AU DIABLE

Publié par Dominique GARBIN

    

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Le mal est séduisant et beaucoup d'entre nous sont victimes des attraits pervers de ce monde…

Deux jeunes garnements traînaient à la nuit tombée dans les ruelles de Tocqueville. Depuis quand et pourquoi ils vagabondaient, ils l'ignoraient à présent. Tout ce qu'ils souhaitaient, c'était de ne plus voir leur parent et ils pensaient être assez matures pour affronter les dangers de la vie.

Un soir, alors qu'ils squattaient le banc du parc de la mairie, un homme grisonnant avec un pardessus noir s'approcha d'eux : "- Je ne suis pas de la région, pourriez-vous m'indiquer où se trouve le bar des damnés ? ". Le plus jeune interloqué, ne bougea pas et continua la lecture d'un petit bouquin qu'il venait de trouver dans la poubelle du parc. Le plus âgé répondit :"Et pourquoi pas le bar du paradis pendant que vous y êtes ? ". L'homme visiblement amusé eut des étincelles dans les yeux que le plus jeune remarqua en levant la tête de son livre. Il mit un coup de coude dans les côtes de son ami qui réagit vivement :"- Mais qu'est-ce que tu fais ? Pourquoi me frappes-tu ?". L'homme impassible reprit :"-Je me passe de tes commentaires, je veux juste savoir si tu peux me conduire jusqu'à ce bar qui se situe en dehors de la ville" et pour mieux appâter le jeune, il sortit de sa poche un billet très soigneusement plié :"- Si tu acceptes de m'aider, il y aura d'autres billets pour toi". Le plus jeune essaya de le dissuader, mais son ami têtu suivit l'étranger.

Les ruelles de la petite ville de Tocqueville se vidaient peu à peu et devinrent désertes. Une brume dense descendit brusquement sur le parc. Le plus jeune sentit un malaise l'envahir et fut très effrayé quand l'homme lui tourna le dos pour s'éloigner avec son ami…C'était impossible, il devait rêver, une queue fourchue dépassait de son manteau et se balançait de gauche à droite. Il mit le petit livre dans sa poche et il les suivit discrètement. Il ne pouvait pas abandonner son ami. Ils marchèrent longtemps jusqu'à la sortie de la ville. Le plus jeune ne se rappelait pas être parti aussi loin de chez lui.

Parvenus devant le bar des condamnés, l'homme entraîna le plus grand à l'intérieur pour boire et jouer aux cartes. L'ambiance du bar était singulière mais devant l'intérêt que lui portait l'assistance, le plus grand se sentit important et n'avait nullement l'intention de repartir. Soudain, il vit le plus jeune peu discret le surveiller par la baie vitrée du bar. Il lui faisait de grands signes pour attirer son attention. Le plus grand voulut sortir pour lui parler mais l'homme assit à côté de lui, posa sa main sur son épaule et lui murmura une phrase à l'oreille. Le plus grand continua à jouer aux cartes.

Le plus jeune réalisa qu'en entrant dans le bar avec l'étranger, son ami avait perdu toute sa volonté. Il était le prisonnier de cet homme maléfique. D'ailleurs, l'homme tourné vers lui, lui fit un clin d'œil en riant très fort, ce qui déclencha l'hilarité de tous les clients du bar. Il fallait agir rapidement, il cogna aux carreaux du bar de toutes ses forces. L'étranger agacé, envoya le patron du bar pour dissuader le plus jeune :"-Qu'est-ce que tu veux petit moucheron ?

- Je veux jouer au poker avec mon ami et cet homme dit-il bravement !

- Je te conseille vivement de rentrer chez toi. Tu n'as rien à faire ici, tu es bien trop jeune.

- Mon ami n'est guère plus vieux que moi !

- Ce n'est pas beau de mentir, ton copain a plus de 17 ans, il a choisi de suivre notre maître…".

Mais il n'eut pas le temps de finir sa phrase que le plus jeune lui mit un coup de pied dans la jambe pour que l'homme en colère, l'attrape et le fasse entrer dans le bar. Sa ruse fonctionna à merveille puisqu'il se retrouvait devant la table de poker : "- Ce vaurien vient de m'agresser ! dit le patron furieux.

- Peu importe dit l'étranger. Pose le parterre. J'aime l'audace de ce gamin. S'il veut entrer dans le cercle, je n'y vois aucune objection". Le plus jeune s'assit à côté de son ami. Ils jouèrent aux cartes jusqu'au début du jour… Le grand eut la chance du débutant et ensuite il perdit beaucoup d'argent et jusqu'à son âme. En effet, au cours de la partie, l'homme maléfique exigea du grand d'apposer sa signature sur un petit livre. Quand il somma au petit de le signer, un jeune homme d'une très grande magnificence appuyé contre le mur intervint : "- Que tu prennes l'âme du grand, je ne suis pas contre, mais tu n'as pas le droit de prendre l'âme du plus jeune. C'est une âme pure, tu dois le laisser partir.

- Tais-toi Ezéchiel ! Estime-toi heureux que tu puisses rester dans cet endroit.

- Cette zone est une zone transitoire et ce n'est pas toi qui décide où je dois me trouver. Je suis là pour être bien sûr que tu ne prennes pas d'autres âmes que celles qui te sont destinées. Si tu prends l'âme du plus jeune, tu auras des comptes à rendre …

- Je suis le serviteur de personne et toi, tu n'es qu'un ange déchu qui lèche les bottes de son patron pour regagner ses ailes !" et il envoya Ezéchiel d'un geste violent valdinguer contre le mur. L'ange ne se releva pas.

 Nos deux jeunes amis ne comprenaient plus rien et commençaient à paniquer. Le grand se leva sur-le-champ et agrippa le petit par sa veste. Il dit à l'homme maléfique d'un air niais :"- Le jour se lève, il faut que je rentre chez moi, mes parents doivent être inquiets". Tous les clients du bar rigolèrent et soudain l'ambiance redevint pesante. L'étranger se leva provocateur: "- Tu crois que je vais te laisser partir ?

- Et pourquoi pas ? lui dit le grand sur le même ton railleur.

- Tu as oublié un détail, c'est que tu as accepté de jouer volontairement et que tu as signé mon livre. A présent, tu m'appartiens corps et âme. Le plus grand ne riait plus :"- Mais qui êtes-vous ?"

Ezéchiel remit de sa chute, se releva et expliqua aux jeunes gens : "- Je vous présente le diable, il chasse les âmes damnées toutes les nuits et il veut vous conduire aux portes de l'enfer".

Le plus jeune n'avait donc pas rêvé. L'homme devant lui, était bien Satan en personne. Une idée géniale lui traversa alors l'esprit et pendant que tout le monde s'affairait à discuter, il prit discrètement le livre du diable sur la table de poker et l'échangea contre le livre qu'il avait trouvé dans la poubelle du parc. Ils étaient très semblables, le diable n'y verrait que du feu (pardon c'était tentant  !). Le diable ouvrit une trappe derrière le comptoir du bar et dit au plus jeune : "- Tu as 5 minutes pour partir, sans quoi je te réserve le même sort que ton ami !". Mais le plus jeune nullement démonté :"- Tu ne peux pas l'emmener, mon ami s'est moqué de toi, il ne sait pas écrire et il a fait une croix à la place de son nom de famille". Le diable hurla :"- Qu'est-ce que tu racontes, tu imagines qu'il est aussi facile de berner le diable ?

- Vérifiez vous-même si vous ne me croyez pas insista le plus jeune en souriant.

Le diable prit le livre et il n'eut pas le temps de l'ouvrir car il fut projeté dans le gouffre de l'enfer. Ezéchiel eut juste le temps d'attraper le plus grand pour qu'il ne l'emporte pas avec lui. Aussitôt , le bar des condamnés disparut. Les deux gens complètement déroutés virent alors Ezéchiel ramasser le livre que le diable avait laissé tomber sur le sol. "-Décidément, les voies du Seigneur sont impénétrables, je retrouve ma bible que j'avais jetée dans élan de haine envers Dieu qui m'a déchu et elle vous aide à vous sortir des griffes du malin. Les deux gens tellement contents d'être encore en vie se hâtèrent de retrouver leur famille. Quant à Ezéchiel, il fut pardonné de ses fautes et regagna ses ailes d'ange.

 

Dominique GARBIN (1 mai 2007 )

 

BONNE LECTURE ET N'HESITEZ PAS A ME LAISSER DES COMMENTAIRES SUR CE CONTE

 

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2014-10-24T13:43:03+02:00

TRICOTEUSE DE COEUR

Publié par Domi Sorcière d'Arcane
TRICOTEUSE DE COEUR

Les couleurs sont  très présentes dans notre vie, elles influencent nos états d'esprit, nos sentiments, elles nous donnent la force d'avancer ou nous enfoncent dans un mutisme profond. De plus, selon les pays, les cultures et les époques, les couleurs revêtent des significations différentes parfois aux antipodes de celles des cultures voisines ; comme le blanc associé en Occident à la pureté, alors qu'il est lié au deuil dans la plupart des pays asiatiques. Porteuse d'un sens et d'une symbolique, la couleur ne peut donc être choisie à la légère. Ensuite vient la question du bon goût et de l'harmonie, tout le monde n’a pas la même vision osée du monde.  Lucas et Juliette à travers mon conte, nous apprennent parfois que les couleurs nous en font voir de toutes les couleurs.

Comme chaque jour, Juliette se rendait à son travail, une petite agence de presse en banlieue parisienne. Elle écrivait une rubrique pour les cœurs brisés et le plus drôle dans l’histoire, c’est que Juliette n’avait jamais connu le grand Amour, celui que toutes les femmes cherchent ardemment mais elle ne désespérait pas. Cependant ce jour-là, la directrice de son journal lui annonça son renvoi pour «- Des raisons économiques » lui dit-elle et également parce que c’était la dernière embauchée dans cette agence. Juliette effondrée maudit le ciel et repartit abasourdie chez elle. Elle habitait une petite maison très pittoresque que lui avait léguée sa grand-mère après sa mort. Elle a hérité également de Black Jack, un vieux labrador qui ne respectait en rien les règles de la bienséance. Mais peu importe, elle l’aimait quand même !

Loin de se décourager Juliette s’installa dans le fauteuil de sa grand-mère, où en général, elle trouvait toujours l’inspiration mais à son grand désarroi, rien ne vint… C’est à ce moment-là qu’elle vit un jeune garçon sous sa véranda discutant avec Black Jack ;  il lui caressait le haut de la tête prudemment et lui parlait doucement. Juliette s’approcha discrètement  de la porte pour éviter de lui faire peur et lui dit : « - Comment as-tu fait pour entrer ? En général, mon chien n’aime pas les étranger ». L’enfant surpris de voir Juliette lui répondit très effronté « - Facile, il suffisait de lui donner des friandises tous les jours et il m’a laissé entrer »  et Juliette calmement « - Je vois … mais Monsieur je sais tout doit savoir également  que le sucre quel qu’il soit est très mauvais pour les chiens » et l’enfant mutin « - Pourtant, il n’a pas l’air d’aller mal ». Juliette trouvait cet enfant impoli mais resta impassible. Elle l’invita à entrer et lui proposa de manger des crêpes avec elle. L’enfant suivit Juliette sans hésitation et s’installa sur une chaise dans sa cuisine sans attendre qu’elle l’y invite. Juliette aimait déjà ce môme … Il lui permettait pendant un instant d’oublier tous ses soucis. Tout en faisant ses crêpes, elle tenta une approche en le questionnant « - Je m’appelle Juliette et toi ? »,  « - Lucas »  « - Et tu n’es pas au collège ?» ; «- Non, pas envie aujourd’hui » « Et pour quelles raisons tu n’as pas envie ?» et là elle vit le visage de Lucas devenir très triste et il lui dit : « -  Finalement je n’ai pas envie de vos crêpes » et il repartit comment il était venu en laissant Juliette perplexe. Le lendemain, elle essayait d’écrire quand  Lucas vint lui rendre une nouvelle visite, il saluait toujours Black Jack en premier comme un rituel. Pour ne pas l’effrayer Juliette le laissa entrer sans rien dire ; il s’assit en face d’elle l’observant sans rien dire.  Il devait avoir 12 ou 13 ans, un petit brun un peu pâlot, avec de grands yeux noirs, il avait des  cheveux longs soyeux et dégageait une sacrée détermination. Puis son regard fut attiré par des pelotes de laine et des aiguilles à tricoter posées délicatement sur un petit guéridon à côté du fauteuil où trônait  Juliette. Lucas se pinça les lèvres  et  brutalement rompit le silence « - Tu tricotes ? ». Juliette sourit « - Oui, je tricotais » ; « - Pourquoi as-tu arrêté ? » ; « - Je n’ai plus le temps avec mon travail » ; « - Dommage » lui répondit Lucas ; «- Et pourquoi dommage ? » demanda Juliette ; «-Personne n’a jamais pris le temps de me faire un pull en laine »

Juliette se souvint alors de son dernier tricot qui fut pour sa grand-mère quand elle lui fit ses adieux avant son décès; triste période où elle ne voulut plus tricoter et n’envisagea sa vie qu’à travers son boulot mais maintenant qu’elle n’avait plus de travail ? N’était-il pas bien pour elle de reprendre ses aiguilles pour aider ce jeune garçon. Elle lui répondit : «-II faut alors qu’on apprenne à se connaître un peu mieux, pour que je puisse choisir les bonnes couleurs pour ce pull ». Lucas étonné par la réponse de Juliette  « -Alors pourquoi tes pelotes de laine sont toutes blanches sur le guéridon ? ». C’est alors que Juliette lui proposa un jeu  «-Est-ce que tu crois à la magie Lucas ? », Lucas moqueur rit. Juliette sereine  « - Au moins j’aurais réussi à te faire rireVoilà ce que je te propose de choisir trois vœux ; tu peux les confier à Black Jack si c’est plus facile pour toi et tu passeras juste me voir pendant les trois jours qui suivent » « - Et que va-t-il se passer ? » demanda Lucas très intrigué «- C’est la surprise ». Lucas repartit chez lui. Juliette pensa qu’il avait du la prendre pour une illuminée et qu’il ne reviendrait pas et pendant un moment, ce fut le cas, l’enfant ne vint pas.  Le jour où elle se disait qu’elle ne le reverrait plus ; il se trouvait devant son portail et discutait avec Black Jack en repartant  presqu’aussitôt. Le bon vieux chien entra dans le salon et se dirigea vers le guéridon, il prit délicatement une pelote de laine blanche dans sa gueule qui devint bleu comme par magie, Juliette sourit et caressa son chien tout en reposant la pelote de laine bleu sur le guéridon …. « - Nous sommes sur la bonne voie » dit-elle à son chien. Il y eut deux autres jours où Lucas revint voir le vieux labrador et le rituel continua ; il venait à chaque fois choisir une pelote de laine blanche qui devenait ensuite d’une couleur différente. Juliette pouvait maintenant tricoter, ce qu’elle n’avait pas fait depuis longtemps mais c’est comme le vélo rien ne se perd. Le tricot n’avait aucun secret pour elle, et ses petites mains agiles de tricoteuse s’agitaient gaiment en croisant habilement  ses aiguilles à tricoter pour réussir le plus beau pull qui soit. Elle ne devait pas décevoir Lucas.

Lucas revint voir Juliette un peu plus tard. Il était pressé de poursuivre son jeu. Il entra dans la maison, Juliette était absente et il n’y avait que le vieux chien pour l’accueillir joyeusement. Son regard fut attiré à nouveau par les pelotes de laine sur le guéridon ;  Il y avait une pelote de laine bleu, une de couleur marron et la dernière toujours blanche. L’enfant déçu de n’en savoir plus dit au chien «- Je savais que c’était nul, les adultes ne comprennent rien aux enfants et ce n’est pas ces pelotes de laine ou un vulgaire pull qui vont m’aider » et il renversa violemment le guéridon sur le sol. N’ayant plus de nouvelles de l’enfant Juliette fit une enquête dans son voisinage pour savoir où habitait l’enfant, elle avait terminé son pull et voulait lui offrir mais sans succès personne ne savait.

Le destin a réuni Juliette et Lucas une nouvelle fois.  Elle avait déposé un CV dans un collège près de chez elle et ils  acceptèrent de lui confier un poste de professeur d’art plastique dans un collège et la classe de Lucas était dans son planning ; il fut très surpris de la voir entrer dans sa classe et expliquer « le pouvoir des couleurs » aux autres élèves. Ce fameux code de couleurs si important dans la vie et Il se souvint des couleurs des pelotes de laine chez Juliette et ses  trois vœux à Black Jack :

Une pelote de laine  bleu comme le ciel bleu ou la mer qu’il rêvait de voir depuis son plus jeune âge, ses copains  partaient souvent au bord la mer … pas lui.

Une pelote de laine blanche, comme  la lumière, la pureté, l’amour d’une mère qu’il n’a jamais connue…  Il a toujours été trimbalé en familles d’accueil.

Une pelote marron  couleur de la terre, couleur douce,  chaude, rassurante et presque maternelle. Ni triste, ni joyeuse comme un bon chocolat chaud qui rassure et amène de la douceur. Lucas venait de comprendre le message de Juliette.

Après les cours Lucas courut chez elle pour lui parler. Il entra impatient dans le salon de la jeune femme et vit sur son fauteuil  le plus fabuleux des pulls en laine qu’il n’ait jamais vu. Est-ce le pull ou le mélange des couleurs mais il n’avait qu’une envie : le porter ; il enfila le pull et il fut pris d’un sentiment de douceur, et d’apaisement. Il savait maintenant qu’il y aurait Juliette présente pour lui et qu’elle saurait l’écouter. Juliette qui l’observait de son jardin avec émotion comprit peu à peu que nos façons d’aimer étaient multiples ; on ne choisit pas d’aimer quelqu’un, cet amour s’impose parfois à nous-mêmes selon notre vécu et notre conception du bonheur. Elle rejoint Lucas et son chien dans la maison. L’année prochaine, ils iront ensemble à la mer.

 

Dominique GARBIN

La Sorcière d'Arcane

14 Octobre 2014

PS : il est rappelé que ce texte est propriété exclusive de l'auteur et qu'il est interdit de le recopier ou de l'utiliser à toutes fins commerciales sans mon autorisation.

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2014-10-23T11:32:05+02:00

FANTASME D'UN SOIR D'UNE DAME DAMNÉE...

Publié par DOMINIQUE GARBIN

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Dans un couloir de château, une Dame blanche damnée errait comme une âme en peine. L’endroit froid et obscur dissuadait toutes les bonnes âmes qui s’enfuyaient, pleurant leurs Amours disparus ou perdus.  Pourtant au fond  de ce couloir dans une pièce un peu moins obscure, vivait un foyer généreux dans un âtre de cheminée d’un autre temps ; là, siégeaient de mystérieux hommes sans visage que la Dame blanche ressentait comme de funestes étrangers. Ils discutaient âprement en l’observant ou en lui tournant le dos de temps à autre, pour éviter qu’elle entende leurs discours effrontés. Elle aurait aimé les rejoindre mais l’entrée de cette pièce lui était interdite à jamais ; On lui disait que seul l’amour d’un de ces étrangers aurait pu sauver son âme… Souffrant du temps qui défilait fatalement, elle chantait tous les soirs, réitérant et multipliant ses tentatives d’accès à cette magnifique pièce; mais les hommes agités, l’ignoreraient. Pourtant un soir, alors qu’elle chantait "le requiem de l’Amour", les traits du visage de l’un des hommes se dessinèrent peu à peu. Plus elle chantait, plus elle commençait à étouffer, plus son cœur palpitait et dérivait, jusqu’à son esprit qui se remémorait les instants passés. Cet homme dont elle distinguait enfin le visage aurait pu la sauver, mais elle se souvenait maintenant, elle l’avait cruellement ignoré et blessé, donc peu de chance de le voir abdiquer. Pourtant l’homme aimant et volontaire se dirigea vers sa bien-aimée en danger ; les étrangers sans visage l’entourèrent pour l’empêcher d’avancer. L’homme dans un élan désespéré, attrapa un seau d’eau, le jetât pour éteindre le feu de cheminée. C'est alors que les hommes étrangers disparurent dans un dernier crépitement … et une nouvelle aube naquit… la Dame blanche pardonna à son bien –aimé et les amantsl  furent réunis à jamais.

 

Dominique GARBIN

La Socricère d'Arcane

18/02/2013

 

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ATTENTION CE TEXTE EST PROPRIETE DE L'AUTEUR DE CE BLOG ET NE PEUT-ÊTRE DIFFUSE SANS AUTORISATION MERCI ♥ 

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2014-10-05T09:27:43+02:00

SUR LE CHEMIN DES QUATRE SAISONS

Publié par DOMINIQUE GARBIN

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Il était une fois Monsieur Vent qui avait quatre filles très belles. L’aînée et la cadette étaient froides et peu joviales. En revanche,  la troisième et la benjamine tenaient de leur père leur douceur et leur gentillesse.

De jour en jour, l’ambiance familiale se dégradait car les quatre sœurs devenaient aussi désagréables, les unes que les autres.

Un jour, Dame Nature, entendit parler de ces querelles et alla rendre visite à Monsieur Vent :

- Depuis longtemps, la terre est devenue une planète laide, sans soleil, sans oiseaux, sans fleurs. Les humains craignaient la faim, les maladies. Ils se cachent dans des cavernes creusées au flanc d’une montagne et leur seule distraction est de regarder le ciel toujours gris. Nous devons aider les habitants de la terre à sortir de leurs cavernes et c’est pourquoi, je viens chercher vos filles !

Monsieur Vent était inquiet :

- Mais, s’il leur arrivait malheur ?

Dame Nature ne put s’ empêcher de sourire :

- Vos filles se marieront et apporteront un nouveau souffle de vie à la terre !

Monsieur Vent n’était pas convaincu, il insista :

- Mais la plus jeune de mes filles n’a que seize ans.

Ne vous inquiétez pas, Monsieur Vent, vos filles seront heureuses Foi de Dame Nature !

C’est ainsi que Dame Nature emmena les filles de Monsieur Vent qui était bien triste de les voir s’en aller.

Le lendemain, l’aînée rencontra le Vent du Nord, roi des grands espaces du très rude pays des glaces.

Il la questionna :

Quelle serait votre réaction si une personne en difficulté avec son traîneau dans les lacs gelés, vous demandait de l’aide ?

Je soufflerais si fort que le lac gèlerait encore. Ainsi, la personne morte n’aurait plus à s’inquiéter.

Vous ne méritez ni mon royaume, ni même mon palais de glace. Sachez qu’une reine ne doit pas nuire à ses sujets.

La jeune fille tressaillit et s’agenouilla pour lui demander pardon.

Le Vent  du Nord indulgent lui sourit :

- Pourquoi êtes-vous si méchante ?

Je m’appelle Hiver et j’ai un cœur de glace, Majesté !

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Le Vent du Nord en soufflant sur Hiver fendilla son cœur qui se transforma en boule de neige moelleuse.

Heureux, le Vent du Nord la prit par la main pour l’emmener avec lui sur la terre. Alors, celle-ci connut sa première neige à gros flocons. Dame Nature enfila son blanc manteau, cadeau que lui avait offert le Vent du Nord  et la belle Hiver en remerciement de ses bienfaits.

A la sortie des cavernes, une belle surprise attendait les enfants ! Tout était blanc ! La neige était tombée et ce fut aussitôt, des cris et des joies, des glissades et des chutes folles sur les pentes enneigées. Ils firent un bonhomme de neige, le coiffèrent d’un chapeau et lui mirent une carotte en guise de nez. Sur le chemin du retour, ils engagèrent une bataille de boules de neige.

Les habitants de la terre sortirent pour fabriquer des cabanes de bois afin d’y être à l’abri, les nuits glacées d’hiver quand soufflerait le Vent du Nord.

Un autre jour, la cadette rencontra le Vent du Sud, roi des grands espaces du pays de la forêt.

Il la questionna :

Quelle serait la couleur de votre robe de mariée si je vous demandais de m’épouser ?

La jeune fille réfléchit :

Ma robe serait pourpre avec un liseré doré, des souliers recouverts de feuilles mortes complèterait ma toilette.

Quel est votre prénom ?

Je m’appelle Automne !

 Le Vent du Sud prit la main d’Automne et l’emmena sur la terre.

Alors la terre connut l’automne.

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Le Vent du Sud poussa de gros nuages qui firent tomber la pluie. Dame Nature enfila son manteau pourpre et doré, cadeau du Vent du Sud et de la belle Automne en remerciement de ses bienfaits.

L’homme prit plaisir à se promener et à admirer les couleurs d’automne dans la forêt. Les branches perdirent leurs feuilles et de gros champignons sortirent de terre. Quelques uns, de gros rouges à pois blancs, formèrent de jolies rangées au pied des arbres. L’écureuil, la souris et la fourmi remplirent leurs garde-manger en prévision de mauvaises journées.

Les jours suivants, la troisième fille rencontra le Soleil, roi des grands espaces de l’univers.

Il la questionna :

-     Je vous mets au défi de deviner mon secret.

 La jeune fille réfléchit :

-          Quand vient le froid, vous perdez vos pouvoirs, Majesté !

 -          Oui, mais pourquoi ?

 -          Votre lumière et votre chaleur diminuent jusqu’à disparaître parfois.

 Le Soleil lui sourit :

 -     Quel est votre prénom ?

 -    Je m’appelle Eté, répondit la jeune fille.

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Le Soleil prit la main d’Eté et rejoignit la terre. Celle-ci décrivit une courbe autour du Soleil. Tantôt il fut chaleur et lumière, tantôt brûlures et sécheresse.

Les habitants sortirent de leurs maisons pour moissonner le blé et, quand le Soleil était trop chaud, ils allaient à l’étang se baigner. Au loin, dans les pâturages, des petits gardiens de moutons lançaient leur appel, quand l’un se taisait, un autre perdu dans l’immensité de la montagne reprenait pour lui répondre.

Dame nature choisit d’explorer la mer qui était devenue belle et claire. Des bateaux de pêcheurs larguaient leurs ancres, et les poissons rejoignaient le large à marée haute. Les vagues emportaient les galets de la plage. Dame Nature portait le joli collier de coquillages que lui avait offert le roi Soleil et sa belle Eté en remerciement de ses bienfaits. Le roi Soleil, éperdument amoureux de sa belle, lui a toujours gardé un peu de chaleur lors de la rude saison hivernale.

 Quant à la plus jeune des sœurs, elle ne rencontra pas un roi.

 Elle entra dans un verger en fleurs et ne vit qu’un oiseau perché sur une branche.

 L’oiseau la questionna :

 -     Voulez-vous que je chante pour vous ?

 La jeune fille, enthousiaste, répondit :

-     Je n’ai jamais eu la chance d’entendre un oiseau chanter ! Je serais ravie de vous écouter !

 Le petit oiseau secoua ses ailes, content de la réponse de la belle, il siffla de tout son cœur et le verger entier sembla s’éveiller.

-   Je vous remercie de votre gentillesse, vous avez rompu le charme qui me tenait prisonnier depuis la nuit des temps. Une méchante sorcière jalouse de ma voix m’avait ensorcelé !

 L’oiseau se transforma en un beau prince et demanda à la jeune fille :

 -    Quel est votre prénom ?

-     Je m’appelle Printemps, répondit-elle.

 Le beau prince prit la main de Printemps et l’emmena sur la terre.

 Ainsi , la terre connut le printemps.

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http://leprincesseblog.canalblog.com/archives/p190-10.html

Le prince, un peu magicien, ouvrit ses mains et deux petits oiseaux apparurent. Ils portèrent un souffle de gaîté et de jeunesse à la terre. Ils construisirent des nids, et, quelques temps après, des milliers d’oiseaux envahirent la terre. Les pommiers s’habillèrent de blanc, les papillons défroissèrent leurs ailes et les fleurs leurs pétales.

On dit que Printemps vécut heureuse avec son prince. De leur union naquit une jolie petite fille nommée Fleur Blanche.

Malgré ces mariages heureux, les sœurs continuèrent à se disputer, alors Dieu intervint :

-   Puisque vous n’êtes pas capables de vous entendre, j’ai décidé que vous vous succèderiez tour à tour sur terre : Dame Printemps, Eté, Automne et Hiver…

Ainsi commencèrent les saisons.

La terre devint la plus jolie planète de l’univers : on y voyait des champs de blé, de jolies maisons, de nombreux arbres fruitiers, des petits chemins, des forêts, des rivières avec des bateaux et des gens qui s’affairaient du matin au soir.

Monsieur Vent apprit par Dame Nature que ses filles étaient mariées et heureuses. Il ne s’inquiéta plus de leur venue car il savait qu’elles viendraient les voir à chaque saison…

 

GARBIN Dominique (1998)

LA SORCIERE D'ARCANE 

 

PS : il est rappelé que ce texte est propriété exclusive de l'auteur et qu'il est interdit de le recopier ou de l'utiliser à toutes fins commerciales sans mon autorisation.

 

 

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2014-03-01T14:52:00+01:00

GODEFROI DE LA TROUILLE AU BIDE

Publié par Dominique GARBIN

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GODEFROI DE LA TROUILLE AU BIDE

V

ous connaissez sans doute la légende du roi Arthur et de ses preux chevaliers mais, vous ne connaissez pas celle de Messire Godefroi de la Trouille au Bide. Il était chevalier du roi mais à la seule pensée de partir aux combats, il commençait déjà à trembler. Tellement lâche et poltron que même son ombre lui faisait peur !

Pourtant, un jour, le roi lui confia une mission. Godefroi de la Trouille au Bide essaya  bien de s’esquiver mais le roi l’ayant choisi, il dut partir.

Il fut chargé de ramener à la cour un bébé car l’épouse du roi ne pouvait pas avoir d’enfant. Pour cela, il devait se rendre à la forteresse des enfants, de l’autre côté de la forêt. Quelle horreur ! Lui qui n’avait jamais quitté l’enceinte du château ! Cette idée le rendit tellement malade qu’il pensa tout de suite à une ruse qui lui permettrait de berner le roi. 

Alors, il fit semblant de quitter le château avec pour tout compagnon, Astruc, son écuyer, accompagné de son cheval Bayard. Il se réfugia dans la forêt profonde pour y réfléchir.

Parvenus à l’orée d’une clairière, nos deux «héros » eurent le souffle coupé : une montagne gigantesque s’élevait au-dessus d’un lac bleu azur. De somptueux oiseaux s’élançaient des arbres pour se désaltérer dans l’eau limpide. Tout était calme, serein et Godefroi de la Trouille au Bide décida de s’arrêter pour faire une petite sieste avant d’attaquer  le chemin escarpé qui montait jusqu’à la forteresse des enfants. Mais en fait, Godefroi avait très peur ; il se demandait pourquoi il n’avait pas choisi la fuite…Il devait être fou !

Astruc, intrigué par la panique de son Maître, lui dit :

- Que devons-nous aller chercher Messire ?

- Je dois me rendre à la forteresse des enfants pour prendre un bébé et le ramener au roi !

Astruc eut envie de rire en voyant son Maître aussi effrayé.

- Ce n’est pas une mission si périlleuse, il vaut mieux aller chercher un bébé que partir aux croisades ou, encore, combattre un dragon.

- Que tu es naïf Astruc ! Si c’était si simple, le roi n’aurait pas envoyé l’un de ses chevaliers. Il faut combattre pour avoir ce bébé.

Astruc commençait à comprendre pourquoi son Maître avait peur.

- J’ai une idée, dit Godefroi de la Trouille au Bide : tu vas prendre ma place en tant que chevalier et moi je deviendrai écuyer, ainsi tu me serviras mieux, tu seras en somme mon éclaireur, mon bouclier.

- Qu’est-ce que je gagne à vous remplacer Messire ?

- Tu oses discuter mes ordres et me demander une récompense !

Astruc prit un bain dans le lac pendant que Godefroi s’assoupissait au pied d’un arbre puis s’endormit sur la rive. Il fut réveillé par un méchant coup de soleret dans les jambes.

- Allez fainéant ! Debout ! Il faut partir, sans quoi la nuit va nous surprendre.

Astruc, contre mauvaise fortune enfila rapidement l’armure du chevalier et Godefroi mit les habits de l’écuyer ; ils empruntèrent un chemin très escarpé dans la montagne pour arriver jusqu’à la forteresse des enfants.

Le voyage fut fatigant pour Godefroi de la Trouille au Bide car la nuit qui commençait à tomber le terrifiait: il sursautait au moindre bruit et au moindre grincement d’arbre.

Ils parvinrent enfin devant un fossé franchi par un pont-levis. De l’autre côté se dressait la forteresse des enfants.

Pour annoncer leur visite, Godefroi qui avait pris la place d’Astruc sonna de la trompe en secouant la bannière aux armoiries du roi l’éléphant. Un petit garçon vêtu comme un prince les conduisit devant une petite fille qui semblait être la Maîtresse des lieux. Il y avait autour d’elle d’autres personnes qu’elle devait apprécier car elles étaient traitées avec générosité : des viandes, rôties ou grillées, étaient servies en abondance et la boisson coulait à flot. Un troubadour chantait les exploits d’un chevalier de légende, ceux de Roland ou, peut-être, de Lancelot.

La petite reine s’adressa à Astruc habillé en chevalier :

- Pourquoi es-tu venu jeune chevalier ?

- Le roi m’a demandé de venir chercher un bébé.

- Est-ce qu’il t’a dit qu’il fallait combattre mon champion et que c’était seulement si tu parvenais à le battre que je te donnerais en échange le nouveau-né ?

- Je sais, et je suis prêt à me confronter à lui, répondit Astruc.

Il avait toujours rêvé de vivre une véritable aventure dont il serait le héros, il réalisait enfin son rêve. La petite reine montra du doigt dont les genoux s’entrechoquaient déjà.

- Et lui, qui est-ce ?

- C’est mon écuyer.

- N’est-il pas un peu vieux pour être écuyer ?

- Il est nul et n’a jamais pu être adoubé par le roi.

Elle ordonna aux gardes qui n’étaient que des adolescents d’emmener Godefroi de la Trouille au Bide avec les autres écuyers de la forteresse pour qu’il s’occupe de Bayard. C’est ainsi qu’un des plus grands chevaliers du roi fut envoyé aux écuries  pour s’occuper des chevaux et des stalles royales. Quant à Astruc, il fut emmené par un couloir souterrain dans les douves du château. L’endroit était sombre et peu accueillant. Après avoir franchi une rivière sur un petit pont en bois, très peu fiable, il était sûrement là depuis Mathusalem, Astruc parvint devant une grotte.

La petite reine s’approcha  de l’entrée et cria :

- Ô grand Varan ! Daigne nous honorer de ta présence.

Astruc, médusé, vit apparaître le champion de la reine qui n’était autre que le Dragon de Komodo, un gros reptile de deux mètres de long.

La jeune reine le salua respectueusement :

- Le chevalier qui est ici veut un nouveau-né pour le roi !

Le Varan commença à s’agiter en poussant des cris stridents :

- Il n’est pas chevalier, il ment ! Il n’a pas le droit de me combattre.

Astruc, croisant le regard de la jeune reine, comprit qu’il avait intérêt à  lui dire la vérité tout de suite.

- C’est vrai, vous avez envoyé le chevalier du roi aux écuries.

La reine, furieuse, ordonna qu’on aille chercher Godefroi le couard pour affronter son champion. Il fut placé face au Varan qui ne cessait de s’agiter méchamment. C’est alors que l’irréparable se produisit : le Dragon de Komodo, alias Varan, fit sortir de la grotte un autre animal, une araignée, une tarentule géante. Godefroi se mit à trembler de tous ses membres ne pouvant ni parler, ni avancer d’un pas, paralysé par la peur.

Astruc, qui observait la scène eut honte ; se saisissant de l’épée de son Maître et de son bouclier d’un seul bond, il se plaça entre Godefroi et la tarentule qu’il affronta courageusement, en lui assénant un grand coup d’épée entre ses deux yeux globuleux. L’araignée tituba et tomba dans la rivière. Quant au Varan, très en colère, il repartit dans sa grotte en maugréant :

- Il n’avait pas le droit de tuer mon amie, il n’est pas chevalier. Ils n’auront pas l’enfant, ils ont triché.

La jeune reine raccompagna Godefroi et Astruc jusqu’à la sortie de la forteresse. Godefroi de la Trouille au Bide avait échoué et il pensait fuir le plus loin possible car il n’avait nullement l’intention de se présenter devant le roi. Il serait sûrement envoyé au fin fond de l’Afrique pour combattre. Astruc, désolé d’avoir fait échouer l’entreprise, dit à son Maître :

- On n’a pas eu le nouveau-né mais on peut avoir le champion de la petite reine pour en faire présent au roi.

Godefroi de la Trouille au Bide, calculateur, trouva l’idée très alléchante. Astruc lui dit avoir remarqué une entrée sur la gauche du château qui donnait sûrement accès à la rivière souterraine. Ainsi, il pourrait aisément entrer sans être vu par les gardes de la petite reine et prendre son champion son champion. Sachant le Varan carnivore, Astruc injecta une dose massive de potion soporifique dans un morceau de viande qu’il déposa devant la grotte du Dragon. Tout se passa comme prévu et ils ramenèrent le champion au roi.

Le roi fut d’abord surpris puis très en colère :

- Vous avez osé enlever le champion de la petite reine mais vous êtes complètement fous ! hurla le roi. La reine de la forteresse aux enfants va demander votre emprisonnement et elle risque de nous déclarer la guerre.

- La guerre, dit Godefroi de la Trouille au Bide, mais pourquoi ?

- Le champion de la reine mourra si on ne le lui rend pas. Il ne peut vivre loin d’elle trop longtemps.

Et c’est là que se produisit le miracle : Godefroi de la Trouille au Bide avait une telle peur de la guerre qu’il dit au roi :

- Alors si la jeune reine tient tant à son champion, proposez lui un échange. Nous lui rendons son champion et elle nous donne un nouveau-né.

Le roi demanda à Godefroi de la Trouille au Bide de s’occuper de l’échange. Ainsi le roi eut-il l’enfant et la petite reine récupéra son champion. Quant à Godefroi, il fut honoré et fêté par tout le royaume pour avoir donné un héritier à la couronne mais il n’a pas changé pour autant.

On dit qu’il est toujours aussi peureux.

Son écuyer Astruc l’a quitté pour servir la jeune reine qui l’a adoubé On raconte même, qu’il a réussi à battre le champion de la petite reine qui lui a donné richesse, grandeur et gloire. Astruc avait enfin réalisé tous ses rêves de chevaleries.

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GARBIN DOMINIQUE 

SORCIERE D'ARCANE 

 

CE TEXTE EST EXCULSIVEMENT PROPRIETE DE L'AUTEUR ET NE PEUT ETRE RECOPIER OU EDITER SANS AUTORISATION

Ecuyer : au Moyen Age, jeune s’exerçant à la chevalerie en passant plusieurs années au service du chevalier

Soleret : partie de l’armure qui protégeait le pied

Armure à plaques : harnois composé de plaques métalliques que revêtait l’homme d’armes

Bannière : drapeau avec des écus qui permettait d’identifier les adversaires lors des tournois

Adoubé : Armé un chevalier en apposant le plat de l’épée sur ses épaules. Aux premiers temps de la chevalerie, les chevaliers étaient adoubés d’une tape.

Varan : Reptile, habitant l’Afrique, l’Asie et l’Australie, et atteignant de 2 à 3m de long, appelé Varan de Komodo ou encore Dragon de Komodo

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2008-05-11T19:40:00+02:00

LE MAGICIEN ET LA SORCIERE

Publié par Dominique GARBIN

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« La
beauté de l'apparence est seulement un charme de l'instant ; l'apparence du corps n'est pas toujours le reflet de l'âme 

George SAND


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D
epuis la nuit des temps, un puissant magicien de la montagne sacrée  de Öland observait sa sorcière bien aimée accomplir des rites sacrés  dans  la forêt des  chênes dorés.  Il n’avait vu son visage qu’en rêve, espérait son amour en secret mais il savait qu’il ne pourrait jamais le gagner car  la belle sorcière n’avait plus le cœur à aimer.  Pourtant, un soir de pleine lune,  il eut une vision où, il rencontrait la belle  sorcière en transformant son apparence… et il décida, confiant de cette prémonition de changer son aspect physique pour rencontrer la sorcière.

Il usa de ses pouvoirs  magiques pour  la prévenir dans ses songes qu’il souhaitait la rencontrer, et pour qu’elle  ne se méfie pas …  enveloppa le songe d’un charme puissant pour  que la belle sorcière  l’aime dès  leur première rencontre. 

Astana   reçut  cette vision dans ses songes  et curieuse de rencontrer ce bel inconnu décida de se rendre  sur le lieu mystérieux du rendez-vous.  Elle  enfila sa grande  cape  de  sorcière et couvrit  sa longue  chevelure brune  de sa capuche. Le songe lui indiquait  une source aux souhaits où, toute petite, elle aimait  y plonger ses petits doigts de sorcière et demander aux petites entités magiques de la forêt de la protéger. Arrivée sur le lieu du rendez-vous,  elle s’assit sur le bord de la fontaine pour attendre le jeune homme quand sa voix la fit sursauter : 
-  Vous êtes venue, je pensais que vous ne viendriez pas !
- Votre appel était puissant et je suis curieuse de nature  lui dit-elle d’une voix très douce sans relever la tête;
-  Je sais que vous initiez des personnes à votre magie et j’aimerais apprendre. 
-  Il est vrai que je donne quelques enseignements, mais je sens que vous n’en avez nullement besoin … vous connaissez  déjà la magie !

Le magicien admiratif :
- Alors pourrions-nous partager quelques unes de nos connaissances, je veux simplement pouvoir passer du temps avec  vous.

La sorcière accepta de le rencontrer  mais à chacune de leur rencontre, elle refusait toujours de retirer sa capuche et de lui montrer son visage, le sorcier impatient de lui déclarer sa flamme et voyant qu’elle ne succombait toujours pas à son charme demanda conseil à la prêtresse de son temple : 
-  Je ne comprends pas, aucun charme n’agit sur cette sorcière et elle refuse obstinément de me montrer son visage. 
-  Je pense que tu devrais te trouver une autre femme à aimer, celle-ci est puissante et tu ne pourras rien obtenir d’elle ; beaucoup de prétendants se sont fourvoyés pour obtenir son amour sans succès. Elle a un secret que jusqu’ici personne n’a pu découvrir ; 
-  Un secret ? Je suis le plus puissant des Magiciens, je  trouverai. 
-  Je te conseille d’abandonner, tu risques de perdre tous tes pouvoirs. 
-  Mes pouvoirs ne sont rien sans l’amour de cette sorcière.

Il ne lui restait plus qu’une semaine avant la prochaine lune pour que sa nouvelle apparence disparaisse, il fallait qu’il agisse vite … Assit sur le bord de la  fontaine aux souhaits  il vit sa sorcière bien aimée arriver … 
-  Vous m’attendiez lui dit-elle ?
-  Oui, je voudrais vous parler !
-  Je sais lui dit gentiment la sorcière…

Le magicien fut étonné par sa réponse :
- Vous savez ?
-  Je sais pourquoi vous vouliez me rencontrer, et je sais également que vous avez triché !
-  Je voulais simplement être avec vous.
- Vous n’aviez pas besoin de changer d’apparence ajouta-t-elle 
-  Pourquoi parlez-vous d’apparence ? 
-   Vous n’êtes pas celui que vous prétendez être … je le sens bien, j’ai l’image d’une autre personne dans mes songes, un homme beaucoup plus âgé avec des pouvoirs très puissants.
- On m’a dit que votre pouvoir est immense !
- Je suis clairvoyante et la vérité m’apparaît naturellement.
- Je n’avais aucune chance contre vous dés le départ dit-il en souriant pour la première fois de sa vie.
- Vous auriez dû simplement me courtiser sans changer votre apparence. 
-  C’est impossible, je suis le mal personnifié et vous m’auriez empêché de vous approcher lui dit-il tristement.
- Je ne crois pas lui dit-elle mais maintenant que vous m’avez menti, il m’est impossible de continuer à vous voir.
- Est-ce que peux vous demander quel est votre secret ?

Astana hésitante lui dit :
- Si je vous dévoile mon secret, je serais obligée de vous tuer pour qu’il ne soit pas répété. 
-  Alors, j’accepte de mourir pour connaître votre secret dit sans discuter le sorcier.

Astana surprise par la réponse du sorcier resta silencieuse un moment, elle était une sorcière blanche et n’avait jamais tué personne, mais il fallait absolument donner une leçon à ce sorcier si arrogant. Elle se mit en face de  lui et pour la première fois depuis très longtemps, ôta sa capuche. Le magicien complètement médusé par la beauté de la jeune femme eut cependant un choc… Astana lui prit la main et lui sourit … 
-  Vous êtes aveugle ? 
-  Depuis mon adolescence …
-  Mais je pourrai peut-être vous guérir lui dit-il
- Non, lui dit-elle me rendre la vue est impossible, sinon je perdrai à jamais mon don de clairvoyance ; maintenant je dois vous tuer lui dit-elle en lui montrant un poignard qu’elle portait sa ceinture.

Elle s’approcha de lui pour lui donner un baiser  qui fit perdre l’équilibre au grand magicien  qui s’écroula à ses pieds ; elle disparut dans la forêt et le laissant allongé sous les arbres près de la fontaine.

Le lendemain, le magicien reprit son apparence. Il se rinça le visage dans l’eau pure de la source. Il n’avait aucun souvenir de ce qui venait de se passer et reprit tout abasourdi le chemin de sa montagne sacrée. Quant à la belle sorcière, on ne la vit plus dans la forêt, on dit qu’elle s’est envolée sur son balai vers des cieux plus cléments.

 
Dominique GARBIN

LA SORCIERE D’ARCANE

11 mai 2008

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2008-03-23T00:05:00+01:00

LA PRINCESSE TRISTESSE

Publié par Dominique GARBIN

  

 

 

Dans un monde lointain, vivait une princesse dotée d’un prénom peu avenant puisqu’on la surnommait la princesse tristesse. On raconte que lors de sa naissance, un méchant sorcier s’est penché sur son berceau pour lui lancer un sort : - Cette belle enfant ne connaîtra jamais la joie de vivre.  Le roi et la reine épouvantés par ce sort, emprisonnèrent le sorcier et les notables du royaume le condamnèrent au supplice du feu, le bûcher, pensant qu’une fois le sorcier mort, le sort s’annulerait. Tous les plus grands mages et magiciennes du royaume furent appelés à la cour du roi,  mais aucun de ces mages parvinrent à sauver l’enfant.

Désespéré, le roi envoya un messager à Elwing son ami elfe pour qu’il sauve sa fille. La tâche ne fut pas très aisée pour Elwing, puisque cette charmante princesse refusait toutes ses initiatives, alors il proposa au roi de la conduire dans sa forêt pour rencontrer Tara, la magicienne de sa communauté.

Le roi offrit deux de ses meilleurs destriers à Elwing et sa fille pour ce long périple. A l’orée de la forêt, Elwing vit Tara installée sur la branche d’un chêne pour méditer. Quand la princesse tristesse posa les yeux sur cette magnifique créature, Elwing vit pour la première fois, son visage s’illuminer- Je dois vous préciser que Tara est une chouette, mais attention, pas n’importe quelle chouette, une chouette blanche avec de puissants pouvoirs - :

-          Que puis-je pour toi, Elwing ?

-          Je pense que tu sais pourquoi je viens te voir belle dame blanche.

-          En effet, je savais que tu viendrais … J’ai pu le voir dans mes songes lui répondit  Tara

-          Le roi voudrait que tu désensorcèles sa fille.

La princesse s’assit sur une pierre et dit à Tara :

-      Je voudrais changer mais je n’y parviens pas. Cette tristesse m’envahit dès que j’ai une pensée et je n’arrive plus à contrôler ce sentiment.

-     Il faut que tu la conduises chez les elfes et qu’elle demeure un moment dans votre communauté. A votre contact, le sort disparaîtra

 

Elwing connaissait la dame blanche depuis longtemps et sa gêne était perceptible

-          Pourquoi j’ai l’impression que tu me caches un détail ? insista Elwing

-          Ne cherche pas, emmène cette enfant, et laisse opérer la Magie

-          Quelle Magie ? questionna la princesse tristesse

-          Une Magie qui changera ta vie ? répondit Tara

-          Comme elle a changé la tienne insista Elwing !

-     Ne te préoccupe plus de mon destin Elwing  j’ai pris une décision et tu dois la respecter, ton destin est tout autre et je le sais depuis longtemps

La princesse tristesse ne comprenait plus rien à la discussion et elle dit à Elwing, une fois qu’il salua son amie et reprirent le chemin de la communauté des elfes :

-          Pourquoi êtes-vous si en colère contre cette charmante Dame blanche qui essaye de m’aider ?

-          Nous deux, c’est une longue histoire. Tara est une sorcière blanche. Il y a bien longtemps maintenant, elle a combattu  avec brio un grand sorcier. Irrité par cette défaite, le sorcier l’a transformée en chouette blanche pour l’éternité, elle ne redevient sorcière blanche que la nuit ; c’est là que je peux la voir à souhait, et l’aimer. Il n’y a pas très longtemps, elle m’a dit qu’elle ne voulait plus qu’on se voit et qu’elle ne m’aimait plus, elle n’a pas voulu me dire pourquoi, mais j’ai la nette impression qu’elle ne m’a pas tout dit et je la sens en danger …

 

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La princesse tristesse commençait à ressentir de l’empathie pour la Dame blanche et d’autres émotions envahissaient  son cœur. .. Tous le reste du chemin, l’elfe resta muet, jusqu’à son arrivée à sa communauté où son visage s’illumina enfin.  Elwing présenta la princesse tristesse à tous ses semblables. La princesse tristesse vécut un bon moment avec les elfes, elle  se rapprochait d’Elwing et commença à se sentir beaucoup mieux. Ses moments de tristesse étaient de moins en moins présents. Par contre, Elwing était toujours préoccupé par le sort de Tara, sa sorcière blanche. Une nuit, sa vie bascula, Elwing ressentit l’appel de sa sorcière, Tara avait été attaquée de nouveau par le sorcier mais cette fois-ci elle n’avait pas pu se défendre car il l’avait attaqué le jour sous sa forme de chouette. Elwing se précipita à son chevet et la princesse tristesse le suivit dans la forêt – elle pensait qu’il aurait peut-être besoin d’elle – Arrivé à la chaumière de sa Dame blanche, Elwing la découvrit mourante. Il lui prodigua des soins ayant des pouvoirs de guérisseur mais rien ni fit ; elle lui prit la main et lui dit :

-          Laisse-moi partir Elwing, je suis perdue, le sortilège est trop fort et je n’y survivrai pas. Tu as un autre destin, tu dois épouser la princesse tristesse !

-          Mais qu’est-ce que tu racontes, c’est toi que j’aime et je n’ai pas l’intention de te laisser mourir...

-          Je dois te dire un secret … Sa voix devenait de plus en plus faible...  Tu dois me laisser partir parce que tu es le seul remède pour cette jeune femme … Seul ton amour pourra la sauver.

La princesse tristesse entendit toute la conversation, cachée derrière la porte d’entrée de la chaumière, bouleversée elle rebroussa chemin, ce moment appartenait à Elwing et Tara. Elwing revint au petit matin chez les elfes, tout était fini. Elwing réalisa le vœu de sa bien-aimée en épousant la princesse tristesse qui fut rebaptisée par les elfes : Elbereth (étoile-reine)  car elle était enfin libérée de sa tristesse l’amour d’Elwing lui a rendu sa joie de vivre.

Domi

La sorcière d’Arcane

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Dominique GARBIN
 le 23 mars 2008

 

 

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