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2012-05-05T19:38:00+02:00

REFLEXION D'UNE CONTEUSE SUR LES SORCIERES

Publié par SOURCE INTERNET

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(...)Comment devient-on sorcière ? Comment les reconnaît-on ? 

Apparences

La sorcière est vieille et laide, elle porte une grande robe noire et un chapeau pointu.  Image traditionnelle ou carnaval et caricature ?

Y en a-t-il de jeunes et belles ?  J’en trouve une  dans “le Fiancé de la Sorcière” (Contes et Légendes des Pays celtes, de Markale), recueilli à Sugny, province de Namur.  J’ai le vague souvenir d’un roman sur une jeune femme dont la beauté “ensorcelait” tous les hommes et qui finit sur le bûcher pour cette raison.  Les sorcières du peintre et graveur Dürer (1471-1528) sont vieilles et flétries.  Pour la série “Les Caprices”, qui sera condamnée par l’Inquisition en 1798, Goya dessine deux sorcières sur un balai, une vieille laide et une jeune dont on ne voit pas le visage, qui a beau corps et beaux cheveux.  Dans “Le Nom de la Rose”, la petite qui a séduit le moinillon est brûlée comme sorcière.  La sorcière de “Blanche Neige” est vieille et laide, ce qui est remarquable puisque la reine est belle et qu’un des ressorts du conte est la compétition pour la beauté. En B.D., Calendula peut être jeune et séduisante, Mélusine est jeune, pas vilaine et inexpérimentée.  Ces jeunes et belles sorcières sont vraisemblablement l’exception.

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Dans les contes, les sorcières  sont peu ou pas décrites, parfois “hideuse” ou grande et maigre.  Même sans grande description du physique des sorcières, je crois pouvoir affirmer que, dans l’imaginaire collectif,  elles sont vieilles et laides. Les sorcières sont nues pour aller au sabbat, elles sont évidemment habillées en d’autres temps. Comment ?

Robe noire.  Catherine a ung cotillon noir de drappe avec aussi une bande de velour, item ung aultre cotillon noir de drappe avec trois passements vlourez, un escourcoy (tablier) et une jaquette noire de serge”.  Rien d’étonnant à ce que la vieille Catherine s’habille de noir, toutes les femmes âgées le faisaient jusqu’à il y a peu.

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Le chapeau pointu est plus intriguant.  Est-il celui du magicien ?  Ou celui du médecin ? Dans “Léon l’Africain”, d’Amin Maalouf, je lis que des coiffures hautes et pointues étaient portées par des médecins à Rome et par des docteurs coraniques à Fès au seizième siècle.

Mais je n’ai trouvé dans aucun conte traditionnel la mention d’une sorte d’uniforme de sorcière.  Quoi qu’il en soit, le conteur actuel qui décrit une vieille femme laide, le regard méchant, vêtue d’une robe noire et, éventuellement,  d’un chapeau pointu, désigne sans équivoque une sorcière.

Les attributs des sorcières étaient le chaudron, le balai, instruments dévoyés de la bonne ménagère. Egalement le bouc, symbole de luxure.  Noir comme le mal ou vert, de la couleur du diable.  N’oublions pas le chat noir, le pauvre chat, animal maudit, qui nous venait des païens.

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Comportement

Un homme dans la trentaine actuellement, se souvient d’avoir accompagné sa grand-mère qui cueillait des simples.  Elle observait soigneusement certains rites, de dates, par exemple, les accompagnaient de formules. Les guérisseuses devaient certainement en faire autant lors de la récolte et aussi lors de l’administration de leurs remèdes, pour renforcer leurs pouvoirs, pour impressionner.   De là, la confusion entre guérisseuse et sorcière ? Les envoûtements aussi étaient ritualisés.  D’où tenaient-elles cette science ?  Du diable pour ce qui concerne les pratiques mauvaises ?  Il n’en est pas fait mention dans le procès de Catherine.  Les sorcières devaient tenir à leurs secrets, qui étaient une part de leurs moyens de subsistance.  On parle parfois de grimoire.  Savaient-elles lire ? 

 Il est souvent dit que la sorcière faisait peur aux enfants.  En réalité, elle faisait peur à tout le monde mais les enfants les houspillaient et elles se vengeaient. De façon générale, ceux qui se moquaient d’elles ou “déparlaient”, s’en mordaient les doigts... ou se grattaient la tête subitement pleine de poux.

 Les sorcières se comportent en sorcières, par exemple quand elles quittent l’église lorsqu’on met de la terre de cimetière dans la bénitier.  Une sorcière disparaît après avoir fait briller un sabot avec du beurre. Des sorcières volent dans les airs après s’être enduites de pommade magique en prononçant une formule: “petit pot de terre ...”  (On possède la recette d’une pommade de sorcière comportant des hallucinogènes et vraisemblablement conservée dans un pot de terre.)  Les sorcières se transforment en animaux, elles vont au sabbat, copulent avec le diable ou baisent son derrière,  profanent les choses de la religion, portent la marque du diable, une cicatrice insensible, provoquent maladie et mort de gens et de bêtes...

 Une chanson du pays de St-Hubert dit:

Pour être bonne sorcière   
Demandez-le au diable    
Qui est ici présent  
Il ne faut plus aucune dent                                            

 Il faut faire comme les vieilles
Dans le fond de l’église  
Il faut s’accroupir (bis)     
Sous le bénitier (bis)

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Comment devenir sorcière ?

L’adhésion la plus classique est la signature d’un pacte avec le diable.  Bizarrement, je ne trouve pas de conte racontant cette cérémonie, pourtant génératrice de sentiments puissants et variés,  qui permettrait une mise en scène mentale spectaculaire.

Une femme l’est devenue en touchant involontairement une sorcière sur son lit de mort. La fille de cette femme l’est aussi.  Cela nous mène à la transmission. Fille de sorcière = sorcière.  On peut le devenir aussi par la place occupée dans la famille, 7ème enfant d’un 7ème enfant, n’avoir connu aucun de ses grands-parents, ... Des règles de succession codifiée ?

A cause de la politique.  Les anglais ne pouvaient admettre avoir été battus par Jeanne d’Arc.  Il fallait donc qu’elle ait été une sorcière.  Voilà pourquoi ils avaient besoin d’un tribunal ecclésiastique et que la Pucelle a été brûlée vive.

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Les églises et la Justice.  Avec la volonté d’extirper les pratiques “païennes” ancestrales, les église les ont diabolisées.  L’existence du démon devient acte de foi au 13ème siècle.  Plusieurs bulles papales sont “des chants de guerre contre l’enfer”.  Justice religieuse et laïque mettent au point une législation répressive du délit de sorcellerie. Principes et éléments de sorcellerie étaient d’abord de transmission orale.  A partir de l’invention de l’imprimerie (Gutenberg 1436), les traités dogmatiques se multiplient, 350 titres connus !  Tout y est dit sur la sorcellerie: pratiques, plantes, pactes avec le diable.  La documentation des procureurs et des juges a orienté les procès de sorcellerie. Dans le procès de La Roche, l’acte d’accusation et la torture ont littéralement fabriqué une sorcière.  Combien de fois cela s’est passé de la sorte ?  Pourtant,  l’évêque de Worms (965-1025) exprimait déjà son scepticisme et recommandait la prudence.   Depuis le début du 16ème siècle, de nombreuses voix s’élevèrent pour condamner de tels procès. Je n’ai trouvé aucun conte illustrant cette tendance.   A noter que le dernier procès de sorcellerie dans le monde occidental a eu lieu en 1692, à Salem, petite ville de Nouvelle Angleterre, dont Arthur Miller a fait la célèbre pièce “Les Sorcières de Salem”. Les pays catholiques et protestants se partagent 500.00 exécutions de sorcières,  estimation prudente, d’après l’historien Hubert Monteilhet.  Probablement 1.000.000.

Nous nous scandalisons de la méchanceté envers les pauvres femmes accusées de sorcellerie.  Nous ne pouvons cependant pas écarter d’un revers de main la méchanceté de certaines femmes.  Des langues de vipère qui sèment la zizanie dans le village, comme dans un conte irlandais; des empoisonneuses stipendiées ou non, celles qui utilisaient leur ascendant pour nuire ...  Mais pourquoi en faire des sorcières ? 

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 Parfois, la victime désigne la cause de sa mort, en Afrique et aussi chez nous, les cadavres réagissent.

 Mais la plus grande pourvoyeuse de sorcières parait bien avoir été la rumeur sur fond de peur. Je renvoie ici à la première partie de l’article, parue dans le mensuel de septembre.  Une histoire VRAIE montre comment, au XX SIECLE, en Belgique, l’interprétation populaire fabrique une sorcière.  Cependant, si nous ne partageons pas toutes les peurs et les crédulités de nos ancêtres, nous ne pouvons pas rayer d’un coup de cartésianisme tous les phénomènes inexplicables, l’ensemble du paranormal (...)

                                                                                            Marie-Claire Desmette

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commentaires

Surfingmoune 08/05/2012 01:05


Bonsoir Domi


Les histoires de sorcières m'ont toujours "envoutée" !


Merci pour cet article très intéressant.


Je te souhaite une douce nuit et une journée ensoleillée demain qui est encore un jour férié.


Profite bien de cette journée.


Bonne nuit


Bisous


Surfingmoune

Domi 26/05/2012 20:48



Toujours un grand plaisir de te lire je te souhaite également une excellente soirée bisous 



biker06 06/05/2012 07:46


hello Domi





Dernier jour avant le voyage , je prendrai donc le temps d'aller voter aujourd'hui, puis ensuite de se changer les idées pendant presque un mois
pour ne plus entendre les médias français et leur campagne nauséabonde.


Vive les vacances à l'etranger ! hi hi hi hi


Je te souhaite un ....





Bisous


@ + Pat

Domi 26/05/2012 20:53



ravie d'avoir de tes nouvelles je te fais de gros bisous 



:0014: ♥ dom ♥ 06/05/2012 07:20


J'aime bien les sorcières ...


Bon dimanche.
Bisoux



Domi 26/05/2012 20:53



tant mieux lol bisous 



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