Au dessus de la Seine, ils se jurent un amour éternel en accrochant aux rambardes du pont, des petits cadenas gravés de leurs noms, avant de jeter à l'eau, la clé de leur amour. C'est ainsi que quelque 1 600 cadenas de toutes tailles et de toutes formes ornent désormais la plus célèbre et romantique passerelle de la capitale.

1 600 cadenas arrachés
Mais comme dans tous les romans à l'eau de rose, il fallait bien un méchant pour mettre en danger la passionnelle histoire de nos amoureux. C'est chose faite. Ce mercredi, les cadenas ont mystérieusement disparu.

A la mairie de Paris, on est formel: "Ce ne sont pas les services municipaux qui sont intervenus". Il y a quelques jours pourtant, elle avait commencé à trouver le phénomène un peu gênant. On expliquait qu'à terme les cadenas seraient retirés, invoquant la sacro-sainte "préservation du patrimoine". La mairie réfléchissait alors, à l'idée de trouver une solution de remplacement.

Mais quelqu'un a, semble-t-il, "devancé les employés municipaux", assure-t-on à la ville. Et on ne le répètera jamais assez, l’amour rend aveugle. La Préfecture de police a en fait les frais, assurant n'avoir rien vu du pillage. Le mystérieux arrache-coeur au coupe-boulon, court toujours.

Les cadenas du monde entier
Mais s'il souhaite nuire, l'incriminé a encore du travail. Car la pratique n’est pas nouvelle. A Moscou, les rambardes du Pont Luzhkov sont tellement encombrées que des arbres métalliques ont été installés sur le pont pour pouvoir les attacher.

A Kaliningrad, les couples dont le mariage vient d'être célébré à la cathédrale, se rendent en cortège sur un pont voisin, où les jeunes mariés accrochent des cadenas gravés portant leurs noms. Même pratique à Bruxelles, Kiev, Vilnius, Florence sur le Pont Vieux, Vérone, la ville de Roméo et Juliette sur le Pont de Pierre, et à Venise. En Chine, les touristes qui escaladent la montagne sacrée de Huchan ont la surprise de voir des grappes de cadenas avec des noms d'amoureux attachés sur les rambardes d'accès. A Marrakech encore, des pèlerins les accrochent aux grilles des fenêtres de deux mosquées de la ville...

Quant aux Italiens, ils revendiquent la paternité de cette tradition qui trouverait son origine dans le roman italien J'ai envie de toi, de Federico Moccia. Les deux héros accrochent un cadenas avec leur nom sur un lampadaire du Ponte Milvio près de Rome, avant de s'embrasser et de jeter la clé dans les eaux du Tibre...

 

Alors disparus à jamais les cadenas parisiens ? Pas tout à fait. Une quarantaine d’irréductibles semblent avoir résisté à l'attaque massive de l'arrache-coeur. Preuve pour ces chanceux-là, s’il leur en fallait, que leur amour rimera sûrement avec toujours...